Indonésie : ce que l'on sait de l'attentat à Jakarta

Deux civils, dont un ressortissant néerlandais, et cinq assaillants ont été tués dans les attaques perpétrées dans la capitale indonésienne.

Des policiers indonésiens sont postés derrière un véhicule après une série d'attaques à Jakarta (Indonésie), le 14 janvier 2016.
Des policiers indonésiens sont postés derrière un véhicule après une série d'attaques à Jakarta (Indonésie), le 14 janvier 2016. (BAY ISMOYO / AFP)
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Au moins sept personnes, dont cinq assaillants, ont été tuées dans des attaques qui ont semé le chaos à Jakarta (Indonésie), jeudi 14 janvier. L'Etat islamique a, quelques heures plus tard, revendiqué ces actes. Francetv info récapitule ce que l'on en sait pour l'instant.

Que s'est-il passé ?

Le déroulé précis de ces attaques demeure incertain. Des bombes ou des grenades, selon la police, ont explosé dans le centre de Jakarta et des coups de feu ont été entendus à proximité d'un café Starbucks. Selon plusieurs témoins, les premières déflagrations ont retenti peu après 10h30.

Au moins deux kamikazes se sont vraisemblablement fait exploser dans un quartier du centre de la capitale abritant les bureaux de plusieurs agences de l'ONU et des ambassades, notamment celle de France. Sur ces images, on voit une épaisse fumée se dégager dans le ciel et les forces de l'ordre arriver sur place à la recherche des assaillants.


Les premières images de la série d'explosions dans le centre de Jakarta

Edward Rees, qui travaille pour les Nations unies, selon sa biographie Twitter, a publié sur son compte quelques photos.

Un de ses collègues des Nations unies, Jeremy Douglas, déclare sur Twitter qu'"une énorme bombe" a explosé devant son bureau. Il parle ensuite, toujours sur Twitter, de "six explosions", puis d'échanges de coups de feu.

"J'ai entendu une forte explosion, comme un tremblement de terre", explique à l'AFP Ruli Koestaman, un homme de 32 ans qui assistait alors à une réunion. "Nous sommes tous descendus. On a vu que le Starbucks à côté était également détruit. J'ai vu un étranger, un Occidental, avec la main mutilée, mais en vie. Tout le monde s'est rassemblé et un terroriste est arrivé et a commencé à nous tirer dessus et à tirer sur le Starbucks", a-t-il poursuivi, en précisant que l'assaillant avait également ouvert le feu sur un journaliste.

Dans un communiqué publié depuis son siège américain de Seattle, le géant du café Starbucks a annoncé la fermeture, "jusqu'à nouvel ordre", de toutes ses enseignes à Jakarta, par mesure de précaution.

Qui a été tué ?

"Cinq terroristes sont morts", a annoncé aux journalistes le ministre indonésien de la Sécurité, Luhut Panjaitan. Deux civils, un Indonésien et un Canadien, ont également été tués. D'autres sources indiquaient qu'un ressortissant néerlandais était mort, ce que les Pays-Bas n'ont pas confirmé. En revanche, un Néerlandais figure bien parmi les blessés, ainsi qu'un Algérien, un Autrichien et un Allemand, indique l'agence Reuters. 

Sur les réseaux sociaux, des photos montrent les corps ensanglantés de deux personnes – vraisemblablement des civils – sur le bas-côté d'une avenue, à proximité d'une guérite de la police totalement dévastée.

Qui est soupçonné ?

L'identité des assaillants reste inconnue, mais le président Joko Widodo a d'emblée dénoncé des actes "terroristes" et la police a tout d'abord annoncé qu'un groupe lié à l'Etat islamique était soupçonné d'avoir perpétré les attaques. Quelques heures plus tard, le groupe Etat islamique a revendiqué les attaques dans un communiqué. "Les combattants de l'Etat islamique ont mené cette attaque ce matin en visant des étrangers et les forces de sécurité chargées de les protéger dans la capitale indonésienne", avait également annoncé l'agence Aamaaq, proche des jihadistes, selon Reuters.

Selon la police, le groupe terroriste avait lancé un avertissement énigmatique avant les attaques de jeudi. "L'avertissement disait qu'il y aurait un concert en Indonésie et que ce serait dans les informations internationales", a déclaré un porte-parole de la police.

L'Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, avait été précipitée dans sa propre "guerre contre le terrorisme" par les attentats de Bali en 2002 (202 morts). Mais l'archipel n'avait pas connu d'attentats majeurs depuis ceux qui ont fait neuf morts en juillet 2009 dans des hôtels de luxe à Jakarta. A en croire le cabinet de consultants Soufan Group, spécialisé dans le renseignement, entre 500 et 700 Indonésiens ayant rejoint les rangs de l'Etat islamique sont depuis rentrés dans l'archipel.