L'ancien Premier ministre japonais Naoto Kan donne une interview à Tokyo (Japon), le 17 février 2012.
L'ancien Premier ministre japonais Naoto Kan donne une interview à Tokyo (Japon), le 17 février 2012. (YURIKO NAKAO / REUTERS)

La catastrophe nucléaire de Fukushima aurait-elle pu être évitée ? L'ex-Premier ministre japonais, Naoto Kan, en poste au moment des faits, a reconnu lundi 28 mai la responsabilité de l'Etat dans ce drame, tout en défendant la façon dont il avait géré la crise. Naoto Kan a témoigné devant une commission d'enquête parlementaire indépendante, après avoir été mis en cause dans le contrôle de cet accident atomique majeur déclenché par le tsunami qui a dévasté le nord-est du Japon, le 11 mars 2011.

"Puisque l'accident est intervenu dans une centrale résultant de la politique étatique, la responsabilité première en revient à l'Etat", a déclaré l'ex-chef du gouvernement devant les membres de la commission présidée par le scientifique et ex-conseiller politique Kiyoshi Kurokawa. Et d'ajouter : "Je voudrais renouveler mes excuses pour ne pas être parvenu à stopper la crise." Toutefois, malgré ce mea culpa, Naoto Kan s'est employé pendant deux heures et demie à défendre ses décisions, tout en reconnaissant que plusieurs dispositions avaient tardé à être prises. "Il aurait été bien d'avoir fait cela plus tôt", a-t-il répété plusieurs fois.

Naoto Kan, qui plaide désormais pour l'abandon du nucléaire, a surtout été questionné sur les points qui font toujours polémique : sa visite à la centrale le 12 mars au matin, le retard du déclenchement de la ventilation pour éviter les explosions d'hydrogène, l'injection contestée d'eau de mer dans les réacteurs, l'intention de la compagnie gérante de quitter le site en péril et le refus de l'aide technique des Etats-Unis dans les premiers jours. La commission d'enquête parlementaire doit remettre ses conclusions au mois de juin.