Corée du Sud : la présidente Park Geun-hye, empêtrée dans un scandale de corruption, officiellement destituée

Le Premier ministre continuera à assurer l'intérim jusqu'à la tenue d'une élection présidentielle anticipée d'ici 60 jours.

La destitution, vendredi 10 mars, de la présidente Park Geun-hye en une de la presse, à Tokyo, au Japon. 
La destitution, vendredi 10 mars, de la présidente Park Geun-hye en une de la presse, à Tokyo, au Japon.  (MIHO IKEYA / YOMIURI / AFP)
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franceinfo avec ReutersFrance Télévisions

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Park Geun-hye est la première dirigeante sud-coréenne démocratiquement élue à être ainsi écartée du pouvoir. Vendredi 10 mars, la Cour constitutionnelle sud-coréenne a confirmé à l'unanimité des huit juges la destitution de la présidente, votée en décembre par les députés. A 65 ans, Park Geun-hye a été poussée vers la sortie à cause d'un gigantesque scandale de corruption

Selon le juge, Park Geun-hye a violé la Constitution et la loi "pendant tout son mandat" et cherché à dissimuler ses agissements. "Nous écartons Park Geun-hye de son poste (...) dans l'intérêt de la protection de la Constitution", a-t-il déclaré pendant l'audience. Première femme à avoir accédé à la présidence, la Sud-Coréenne a perdu son immunité en même temps que son poste, et pourrait désormais être traduite en justice.

Le Premier ministre, Hwang Kyo-ahn, continuera à assurer l'intérim jusqu'à la tenue d'une élection présidentielle anticipée dans un délai de 60 jours, comme le stipule la Constitution.

Vers des poursuites judiciaires 

La président déchue, qui ne s'est pas présentée devant la Cour vendredi, nie toute malversation. Fille de l'ancien dictateur Park Chung-hee, Park Geun-hye est accusée, avec une amie et un ancien conseiller, tous deux mis en examen, d'avoir fait pression sur de grandes entreprises sud-coréennes pour qu'elles fassent des dons à deux fondations mises en place pour soutenir ses initiatives politiques.

Des centaines de partisans et d'adversaires de la présidente s'étaient rassemblés devant la Cour constitutionnelle, bouclée par la police antiémeute, avant la lecture du verdict. Quelques heurts ont éclaté entre ses partisans et la police à l'annonce de sa destitution. Selon l'agence de presse Yonhap, un manifestant âgé de 72 ans a été tué. Elle ne donne cependant pas davantage de détails.