Corée du Sud : l'héritier de l'empire Samsung placé en détention provisoire

Lee Jae-yong, 48 ans, est accusé d'avoir versé des millions de dollars à la confidente de l'ancienne présidente, en échange de faveurs politiques.

Le vice-président de Samsung, Lee Jae-yong, le 13 février 2017 à Séoul (Corée du Sud).
Le vice-président de Samsung, Lee Jae-yong, le 13 février 2017 à Séoul (Corée du Sud). (JUNG YEON-JE / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Coup de tonnerre en Corée du Sud. L'héritier du géant Samsung a été placé en détention provisoire, vendredi 17 février. Lee Jae-yong, 48 ans, est accusé d'avoir versé près de 40 millions de dollars de pots-de-vin à la confidente de l'ombre de l'ancienne présidente Park Geung-hye, en échange de faveurs politiques.

Vice-président de Samsung Electronics et fils du président du groupe, il avait déjà été placé dans un centre de détention en attendant la décision de la justice. Il devra désormais y rester en attendant une inculpation et un procès éventuels.

Un vaste scandale politico-financier

Après la destitution de l'ancienne présidente, l'enquête sur un vaste scandale de corruption et de trafic d'influence continue donc de faire trembler le pays. Choi Soon-sil, amie de 40 ans de l'ancienne présidente, est soupçonnée de s'être servie de son entregent pour contraindre les grands groupes industriels à "donner" près de 70 millions de dollars à des fondations douteuses sous son contrôle.

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En la matière, Samsung s'est montré le plus généreux. Le conglomérat a également versé des millions d'euros pour financer en Allemagne les entraînements sportifs de cavaliers sud-coréens, parmi lesquels la fille de Choi Soon-sil.

Les enquêteurs se penchent sur une fusion controversée

Les enquêteurs veulent savoir si les versements de Samsung ont servi à acheter le feu vert du gouvernement à la fusion controversée de deux de ses unités, Cheil Industries et Samsung C&T, en 2015. Certains actionnaires estimaient que C&T avait été délibérément sous-évaluée. Mais la Caisse nationale de retraites, gros actionnaire de Samsung sous tutelle du ministère des Affaires sociales, l'avait soutenue.

Dans un communiqué, Samsung assure n'avoir "payé aucun pot-de-vin ni fait de demandes de faveurs inappropriées à la présidente". Le conglomérat pèse un cinquième de l'économie sud-coréenne et compte comme navire-amiral le premier fabricant mondial de smartphones, Samsung Electronics.