VIDEO. Colombie : trois minutes pour comprendre les enjeux de l'accord de paix avec les Farc

Les Colombiens doivent se prononcer, dimanche 2 octobre, sur cet accord de paix signé avec les rebelles. L'objectif est de mettre fin à un conflit vieux de 52 ans.

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Cinquante-deux ans après ses débuts, le plus vieux conflit d'Amérique Latine vit peut-être ses dernières heures. Les Colombiens se prononcent, dimanche 2 octobre, sur la paix signée avec la guérilla des Farc. Le résultat de ce référendum conditionne l'entrée en vigueur de l'accord signé avec les autorités, dont franceinfo vous rappelle le contenu et les enjeux.

Le document, long de 297 pages, a été mis au point au long de pourparlers ardus entamés entre le conservateur José Manuel Santos, président de la Colombie depuis 2010, et le marxiste Rodrigo Londono, commandant des Farc. "Aujourd'hui, plus que jamais, nous voulons serrer nos compatriotes dans nos bras et commencer à travailler unis pour la Colombie nouvelle", se félicitait ce dernier au moment de l'annonce de l'accord.

Une démilitarisation sous six mois

Selon les termes négociés, les zones rebelles devront être démilitarisées dans les six mois, sous le contrôle des Nations unies. Le processus est indispensable pour permettre le retour à la vie civile des 7 000 à 10 000 combattants des Farc encore actifs, mais il sera compliqué dans ce pays deux fois plus grand que la France.

Les régions reculées de la jungle colombienne, lieux de vie clandestins des Farc, doivent être divisés en 28 secteurs de regroupement. Au sein de ces périmètres, les autorités doivent identifier les anciens combattants, qui pour la plupart ne possèdent pas de papiers d'identité, leur fournir des vêtements civils, leur garantir une protection et surtout collecter leurs armes qui seront fondues et transformées en monument pour la paix. En 2008, les ex-membres des Farc pourront être élus. D'ici là, six sièges leur seront attribués à l'Assemblée et au Sénat.

D'autres groupes armés toujours actifs

La décision est nécessaire, mais difficile à admettre pour les civils qui ont souffert de la guerre, dont le bilan est lourd : 260 000 morts, 45 000 disparus et sept millions de déplacés. De plus, même si l'accord signé est validé par les citoyens colombiens, il ne signifie pas la fin de la violence dans le pays, où sévissent de redoutables bandes criminelles, notamment dans le Nord-Ouest, qui pourraient récupérer l'espace laissé vacant par les Farc. La voie de la paix risque d'être encore longue en Colombie.

Des manifestants en faveur de la paix entre les Farc et les autorités colombiennes, à Bogota, le 26 septembre 2016.
Des manifestants en faveur de la paix entre les Farc et les autorités colombiennes, à Bogota, le 26 septembre 2016. (GUILLERMO LEGARIA / AFP)