Dans les rues de Stockton (Etats-Unis), le 27 juin 2012.
Dans les rues de Stockton (Etats-Unis), le 27 juin 2012. (JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

La situation de Stockton, en Californie, est celle de beaucoup de collectivités américaines : confrontée à des trous budgétaires abyssaux, la ville n'a plus les moyens de payer la police, les pompiers, ou encore… ses créanciers. Elle est devenue mardi 26 juin la plus grosse ville américaine à se déclarer en cessation de paiements.

Le conseil municipal de Stockton, un port fluvial de 300 000 habitants à une centaine de kilomètres à l'est de San Francisco, a entériné mardi soir la faillite de la ville, après l'échec de négociations avec ses créanciers. "C'est la décision la plus difficile et la plus déchirante que nous ayons été amenés à prendre", a déclaré la maire, Ann Johnston.

Touchée de plein fouet par la crise immobilière

Stockton, comme beaucoup de villes américaines, a été sévèrement touchée par l'éclatement de la bulle immobilière. Après avoir beaucoup construit, elle est aujourd'hui la deuxième ville des Etats-Unis en termes de taux de saisies.

Sa situation budgétaire est critique : les fonds généraux, qui financent les services publics, sont en déficit de 26 millions de dollars, sur un budget annuel total de 155 millions. Sur les trois dernières années, la ville a dû faire 90 millions de dollars d'économies pour colmater son budget, "en réduisant les salaires et retraites de ses employés", précise le communiqué.

Un plan d'urgence, en vigueur pendant le processus de restructuration, prévoit l'arrêt du remboursement des dettes, de nouvelles baisses de salaires pour les fonctionnaires et l'abandon de la contribution financière de la ville aux assurances maladie des retraités.