Le FBI demande à Apple "d'écrire un logiciel équivalent au cancer", estime Tim Cook

Le patron d'Apple maintient sa position en refusant de créer une porte dérobée en développant une nouvelle version d’iOS qui permettrait aux enquêteurs d'accéder à l'iPhone d'un des auteurs de l'attentat de San Bernardino.

Manifestation devant un Apple Store, à New York, le 23 février 2016, en soutien à la décision d'Apple face aux demandes du FBI.
Manifestation devant un Apple Store, à New York, le 23 février 2016, en soutien à la décision d'Apple face aux demandes du FBI. (BRYAN THOMAS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

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Le patron d'Apple, Tim Cook, a de nouveau défendu, mercredi 24 février, sa position, dans le bras de fer contre le FBI, qui veut l'obliger à débloquer un iPhone, au nom de la lutte contre le terrorisme. "Ce serait mauvais pour l'Amérique. Cela créerait aussi un précédent qui, je pense, offenserait beaucoup de gens en Amérique", a déclaré le directeur général dans une interview accordée à la chaîne ABC. Pour répondre aux demandes du FBI, Apple devrait créer un logiciel "équivalent du cancer", affirme Tim Cook.

Une porte dérobée juste pour les gentils, ça n'existe pas. Les méchants la trouvent aussi.

Tim Cook

ABC

Apple est lancé, depuis la semaine dernière, dans une bataille judiciaire et de relations publiques contre les autorités américaines, qui veulent forcer l'entreprise à aider les enquêteurs à débloquer l'iPhone de Sayed Farook, un des auteurs de l'attentat de San Bernardino, en décembre, en Californie. Deux mois après l'attaque, qui avait fait 14 morts, les enquêteurs n'ont, en effet, toujours pas réussi à accéder au contenu chiffré du téléphone. Apple assure avoir déjà transmis toutes les informations accessibles sur l'iPhone de Sayed Farook. Mais la société précise aussi que les enquêteurs ont commis une erreur en tentant de réinitialiser le mot de passe, peu après la saisie du téléphone, supprimant ainsi toute chance de récupérer ses données.

Tim Cook veut rencontrer Barack Obama

Le logiciel voulu par le FBI, qui permettrait de déchiffrer le téléphone impliqué dans cette affaire particulière, aurait, en effet, "le potentiel d'entrer dans n'importe quel iPhone. Ce n'est pas quelque chose qui devrait être créé", martèle Tim Cook. Interrogé sur le fait qu'en s'opposant aux demandes du FBI, Apple empêchait peut-être de détecter une autre attaque terroriste, Tim Cook a avancé que "certaines choses sont difficiles et certaines sont justes. Et certaines choses sont les deux. C'est le cas ici."

Au-delà de ce cas très médiatisé, les autorités américaines exigent la collaboration d'Apple pour obtenir l'accès à au moins une dizaine d'iPhone dans différentes enquêtes, dont une portant sur un trafic de stupéfiants à New York. Pour lui, "ce qui est en jeu ici, c'est : est-ce que le gouvernement peut forcer Apple à créer un logiciel qui, à notre avis, rendrait des centaines de millions de consommateurs vulnérables dans le monde (...) et piétinerait les libertés civiles qui sont la fondation de ce pays". Tim Cook assure vouloir parler du dossier avec le président Barack Obama, et être prêt à faire remonter l'affaire jusqu'à la Cour suprême. Mais il estime que le débat devrait avoir lieu au Congrès et pas en justice.