Québec : huit heures de négociations entre étudiants et gouvernement

Des pourparlers ont été entamés lundi pour chercher une solution au conflit autour de l'augmentation des droits universitaires qui dure depuis près de quatre mois.

L\'un des 84 manifestants arrêtés à Québec (Canada) le 28 mai 2012.
L'un des 84 manifestants arrêtés à Québec (Canada) le 28 mai 2012. (FRANCIS VACHON / AFP)
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Gouvernement et dirigeants étudiants du Québec ont amorcé lundi 28 mai des négociations cruciales pour tenter de dénouer le conflit aux allures de crise sociale qui les divise depuis près de quatre mois sur une hausse des droits de scolarité. Les pourparlers ont été suspendus en fin de soirée à Québec après huit heures de discussions interrompues seulement par une petite pause pour dîner. Ils doivent reprendre mardi.

L'espoir d'un dénouement dans ce différend qui n'a cessé de prendre de l'ampleur depuis 106 jours est grand dans la population, mais les protagonistes sont restés prudents dans leurs déclarations avant cette rencontre dite "de la dernière chance". Rien n'a transpiré sur son déroulement, l'ambiance et les sujets abordés. Premier des leaders étudiants à quitter les lieux, Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (Fecq), le plus modéré des dirigeants étudiants, s'est abstenu de tout commentaire, conformément à un accord entre les participants.

Frais de scolarité et loi spéciale

Gabriel Nadeau-Dubois, le porte-parole de la Classe, le plus radical des syndicats étudiants, avait déclaré avant le début de la rencontre que la discussion devait porter sur les frais de scolarité et la loi spéciale controversée destinée à mettre fin au mouvement de contestation, faute de quoi elle tournerait court. Depuis l'adoption il y a dix jours de cette loi limitant le droit de manifester, des milliers de personnes descendent dans la rue tous les soirs avec des casseroles pour protester contre le gouvernement libéral (centre-droit) du Premier ministre Jean Charest, au pouvoir depuis neuf ans.

La ministre de l'Education, Michelle Courchesne, a refusé de dire quels sujets elle accepterait d'aborder. Elle s'est bornée à déclarer qu'elle venait "avec confiance" et souhaitait une rencontre "sérieuse", "qui aille au fond des choses". "On est ici pour négocier, pour trouver une solution à cette crise, pour aborder les droits de scolarité", a déclaré pour sa part Léo Bureau-Blouin, président de la Fecq.

Des dizaines d'arrestations

Alors que la rencontre s'achevait pour la journée, tout près de là, la police a arrêté 84 manifestants, sans qu'aucun incident violent se produise. Ils ont été interpellés pour "entrave à la circulation", a indiqué une policière. En créant un attroupement, les étudiants, qui ont eu les mains liées dans le dos avant d'être placés à bord d'autobus, ont commis une infraction au Code de la route, punie d'une amende de quelque 400 dollars, sans inscription au casier judiciaire. Cette opération policière a surpris, dans le contexte de la reprise des contacts entre les étudiants et le gouvernement.