Après douze ans d'opposition, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui a gouverné le Mexique pendant soixante et onze ans, revient au pouvoir. Son candidat, Enrique Peña Nieto, a été élu dimanche président du pays avec au moins 37,93% des suffrages, selon des résultats officiels communiqués tôt lundi 2 juillet.

Il devance largement le candidat de la gauche, Andres Manuel Lopez Obrador, et la candidate du parti gouvernemental, Josefina Vazquez Mota. FTVi vous dit tout ce qu'il faut retenir de ce scrutin.

• Qui est Peña Nieto ?

Agé de 45 ans, Enrique Peña Nieto offre l'image d'un gestionnaire efficace au look de star télévisuelle. Né à Atlacomulco, bastion du PRI, dans une famille où la politique est une tradition, Peña Nieto a cultivé depuis des années son image de présidentiable. Après une élection brillante en 2005 comme gouverneur de l'Etat de Mexico, il est vite apparu au sein du PRI comme le candidat idéal, après les défaites cuisantes du parti en 2000 et 2006. Sa désignation comme candidat début 2012 s'est d'ailleurs déroulée sans aucune concurrence interne.

Mais le nouvel homme fort du pays a aussi sa part d'ombre. En 2009, il avoue en direct à la télévision avoir été infidèle envers sa femme, décédée deux ans plus tôt, et avoir eu deux enfants hors mariage en plus de trois autres. Il se remarie en 2010 avec une actrice de telenovela travaillant pour la chaîne Televisa.

Les relations de l'homme politique avec cette chaîne de télévision ont été dénoncées par le mouvement étudiant YoSoy132, apparu courant mai contre le retour du PRI au pouvoir. Les protestataires accusaient le candidat d'avoir dépensé illégalement des millions de dollars pour promouvoir son image sur Televisa, et d'avoir joué un rôle central lors d'une répression violente lors d'un conflit social dans l'Etat de Mexico en 2006.

• Comment le scrutin s'est-il déroulé ?

Globalement, dans de bonnes conditions. Le président de l'Institut fédéral électoral a souligné peu après la clôture du scrutin que quelques "incidents mineurs" étaient survenus lors du vote, mais que ceux-ci "n'avaient pas eu de conséquence sur les résultats de la consultation électorale".

Il faut dire qu'un important dispositif de sécurité avait été déployé : des hélicoptères et de nombreuses forces de police surveillaient les bureaux de vote et les institutions stratégiques de la ville de Mexico, tandis que l'armée patrouillait dans les régions les plus violentes du pays, comme le nord, le nord-est ou une partie de la côte du golfe du Mexique. C'est dans ces régions que les cartels mènent une lutte sanglante pour les routes permettant d'acheminer la drogue vers les Etats-Unis.

• Quels défis pour Peña Nieto ?

C'est entre autres sur sa politique contre les narcotrafiquants que le nouveau président sera attendu. Selon la plupart des premiers commentaires cités par l'AFP, l'échec de la guerre déclenchée contre les cartels par son prédécesseur, Felipe Calderon, constitue l'une des causes principales de la défaite du parti gouvernemental. La guerre des cartels a fait plus de 50 000 morts en cinq ans.

Enrique Peña Nieto a par ailleurs promis un "gouvernement efficace" qui permette la baisse de la criminalité, ainsi qu'une croissance économique plus forte. Avec un objectif de taille : faire diminuer la pauvreté qui touche plus de 46% des 112 millions de Mexicains.