Il dit vivre chichement. Mais le sulfureux fondateur de l'entreprise Poly Implants Prothèses (PIP), au centre d'un vaste scandale sanitaire, pourrait avoir reçu un versement de 124 800 euros sur un compte au Costa Rica en septembre 2010, selon les informations du Parisien mardi 10 avril.

"On ne sait pas encore qui a versé l'argent, mais cela relance l'hypothèse d’un commerce juteux dans ce pays, qui avait d'ailleurs émis un mandat de recherche Interpol à son encontre", écrit le quotidien. Jean-Claude Mas, 72 ans, est recherché par le Costa Rica pour une affaire de conduite en état d'ivresse en 2010, pour laquelle il encourt trois ans de prison.

Une évasion de capitaux à grande échelle ?

Toujours selon le quotidien, "d'autres éléments attestent des revenus très confortables (…). Claude Couty, le numéro deux de l’entreprise varoise, a déclaré aux enquêteurs le 26 janvier dernier qu’'à partir de mars 2005, M. Mas ayant pris sa retraite à 65 ans, le conseil de surveillance a décidé de lui verser 300 000 euros par an sous forme de jetons de présence. Ce montant lui a aussi été versé au cours des années suivantes."

En garde à vue, Jean-Claude Mas aurait expliqué que "ces paiements étaient très irréguliers, il pouvait y en avoir plusieurs par mois comme rien du tout pendant plusieurs mois". Mais les policiers s'interrogeraient sur la possibilité que "la mise en liquidation de la société PIP cache une évasion à grande échelle de capitaux à l’étranger. L’étude du montage financier de la société fait apparaître différentes sociétés écrans, localisées au Luxembourg (sous le nom de Milo Finance et de Penny Holding) et aux Etats-Unis (sous celui d’Heritage Worldwide)."

Incarcéré, Mas dit ne pas pouvoir payer sa caution

Jean-Claude Mas est en détention provisoire depuis le 6 mars aux Baumettes, à Marseille, faute d'avoir versé sa caution. Les 100 000 euros réclamés, "je ne les avais pas, mais je me suis dit 'je vais essayer', avait expliqué le chef d'entreprise. On ne pourrait pas étaler, pour que je puisse au moins vendre mon appartement ? Ce viager, il est à moi. Je vous ai donné 5 000, je vous donne 20 000, laissez-moi du temps !" En garde à vue, il aurait encore déclaré "vivre avec 900 euros par mois, reversant la moitié de sa retraite dans un viager".

Le fondateur de Poly Implants Prothèses, accusé d'avoir commercialisé des implants mammaires défectueux, a été mis en examen le 26 janvier pour "blessures involontaires". Il est également placé sous le statut de témoin assisté pour "homicide involontaire". L'ancien président du directoire de PIP, Claude Couty, et trois cadres de l'entreprise sont dans la même situation.

Gel de silicone fait maison

A la fin des années 2000, PIP a utilisé illégalement un gel de silicone fait maison dans la majeure partie de ses implants mammaires, en remplacement d'un gel médical homologué, jusqu'à leur retrait du marché français ordonné par les autorités sanitaires début 2010. 

Jean-Claude Mas, dont la société a vendu au moins 300 000 prothèses mammaires dans le monde, a admis avoir utilisé un gel non conforme pour la fabrication de ces implants, mais a nié qu'ils soient plus dangereux que ceux de la concurrence.