Les quatre fois où le jihadiste Mokhtar Belmokhtar a été déclaré mort... avant de ressusciter

Un responsable américain a confirmé une information du "Wall Street Journal" selon laquelle le jihadiste algérien a été tué lors d'une frappe aérienne française en Libye. Mais l'homme a déjà plusieurs fois été donné pour mort, avant de réapparaître.

Capture d\'écran d\'une vidéo non datée de Mokhtar Belmokhtar, diffusée le 16 janvier 2013 par l\'agence mauritanienne ANI. 
Capture d'écran d'une vidéo non datée de Mokhtar Belmokhtar, diffusée le 16 janvier 2013 par l'agence mauritanienne ANI.  (ANI/ AFP)
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Mokhtar Belmokhtar est-il vraiment mort ? Le jihadiste algérien, rallié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a été visé récemment par une frappe aérienne française en Libye, qui l'aurait tué. C'est ce qu'a indiqué, lundi 28 novembre, un responsable américain, confirmant des informations parues dans le Wall Street Journal (en anglais)

Reste que le chef du groupe Al-Mourabitoune, qui a mené de nombreuses attaques sanglantes dans la région du Sahel, a déjà été donné pour mort à au moins quatre reprises. 

En juin 2012, lors d'un assaut contre des Touaregs du MNLA

En juin 2012, une rumeur annonce pour la première fois la mort de "mister Marlboro" – il a commencé sa carrière dans le trafic de cigarettes, nous rappelle L'Obs  à Gao, dans le nord du Mali, lors d'un assaut contre des Touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA). Mais la nouvelle est vite démentie par les associés de Mokhtar Belmokhtar, alors âgé de 44 ans.

En mars 2013, par l'armée tchadienne au Mali

Un an plus tard, en mars 2013, l'armée tchadienne annonce à son tour avoir tué le chef jihadiste au Mali. Une rumeur là encore démentie, qui permet au "Ben Laden du Sahara" de rebondir : en mai de la même année, le terroriste revendique un double attentat-suicide, contre l'armée nigérienne à Agadez et contre le site français d'uranium d'Areva, à Arlit. Avec, au total, une vingtaine de victimes.

En avril 2015, par empoisonnement 

Selon El Watan, qui cite les services de renseignement de l'Algérie, du Niger et du Mali, Mokhtar Belmokhtar est porté disparu en avril 2015. Le même mois, des sources sécuritaires algériennes affirment au quotidien Al-Chourouk qu'il est mort empoisonné en mars. Mais comme le souligne L'Obs, le groupe Al-Mourabitoune revendique quelques jours plus tard un attentat-suicide contre une base de l'ONU.

En juin 2015, lors d'une frappe américaine en Libye

Les autorités libyennes annoncent la mort du terroriste, tué par une frappe américaine à Ajdabiya, à 160 km à l'ouest de Benghazi (Libye), dans une ferme où il tenait une réunion avec d'autres responsables jihadistes.

Washington reste toutefois prudent, concédant simplement que le terroriste a été la cible de frappes menées dans la nuit du 13 au 14 juin.  

Signe que la mort de Mokhtar Belmokhtar n'est pas avérée, la branche libyenne de l'Etat islamique, qui combat Al-Mourabitoune, diffuse en août de la même année un avis de recherche (ou un appel à abattre) visant celui que l'on surnomme aussi "le Borgne". L'homme se cacherait à Derna, théâtre de combats entre les deux organisations jihadistes.

En mai 2016,  le groupe Al-Mourabitoune diffuse une série de textes attribués à l’émir algérien, visant à prouver qu'il est bien vivant. Mokhtar Belmokhtar n'en finit pas de ressusciter. Les Etats-Unis ont mis la tête du jihadiste à prix à cinq millions de dollars.