Crash du vol d'Air Algérie : les premiers éléments de l'enquête

Les débris de l'avion ont été repérés jeudi soir par un hélicoptère de l'armée burkinabè dans la zone de Gossi, dans le nord du Mali, près de la frontière avec le Burkina Faso.

Un avion de la compagnie espagnole Swiftair avant son décollage, à Paris-Orly, le 6 juin 2013. 
Un avion de la compagnie espagnole Swiftair avant son décollage, à Paris-Orly, le 6 juin 2013.  (SAMUEL DUPONT / AFP)
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Aucune des 118 personnes à bord n'a survécu. Au lendemain du crash d'un vol d'Air Algérie dans le nord du Mali, les autorités françaises, mais aussi algériennes, maliennes et burkinabè tentent d'élucider les raisons du drame. Alors qu'une boîte noire a été retrouvée, vendredi 25 juillet, au milieu des débris de l'avion désintégré, francetv info fait le point sur les premiers éléments connus. 

La zone du crash sécurisée par l'armée française 

Les débris de l'appareil, un McDonnell Douglas MD83 à destination d'Alger qui s'est écrasé 50 minutes après avoir décollé de Ouagadougou jeudi matin, ont été repérés jeudi soir par un hélicoptère de l'armée burkinabè dans la zone de Gossi, ville du nord du Mali située près de la frontière avec le Burkina Faso.

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M. DE CHALVRON / B. RIMBERT / F. TORMOS / FRANCE 2

Dès que les images d'un drone Reaper de l'armée française a confirmé la localisation, une centaine d'hommes à bord d'une trentaine de véhicules ont quitté Gao dans la nuit. Ces premiers militaires français, chargés de sécuriser le site, sont arrivés vendredi matin dans la zone du nord Mali où s'est écrasé le vol d'Air Algérie. 

L'hypothèse météorologique privilégiée

L'avion a-t-il explosé en vol ? "Ça ne correspond pas à l'hypothèse la plus probable",  a assuré vendredi matin le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, invité de RTL. "Nous pensons que cet avion s'est abîmé pour des raisons qui tenaient aux conditions météorologiques, mais aucune hypothèse ne peut être écartée. Mais l'hypothèse la plus probable est effectivement celle-ci", a-t-il ajouté.
 

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L'enquête devrait rapidement progresser, selon le secrétaire d'Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier. "Il semblerait que les débris soient concentrés", a-t-il déclaré vendredi matin. Cela suggère aussi que l'hypothèse d'un tir de missile venu du sol est "improbable et impossible", et donc, que l'hypothèse terroriste n'est pas prioritaire. Lui aussi a insisté sur les mauvaises conditions météorologiques dans la région, sans écarter non plus un problème technique.

Selon les premières constations, une forte odeur de kérosène règne sur les lieux du crash. "Nous avons retrouvé cette épave moins de 24 heures après sa disparition, ce qui est décisif" pour l'enquête, a insisté Frédéric Cuvillier.

Pas de passagers "suspects"

Ce nouvel élément contribue à discréditer la thèse de l'attentat : selon la secrétaire d'Etat aux Français de l'étranger, Fleur Pellerin, "les enquêtes menées (...) par les autorités burkinabè et (...) ce que nous savons côté français [démontrent qu']il n'y avait pas de personnes suspectes parmi les personnes enregistrées à bord." A l'issue d'une réunion de la cellule de crise mise en place au Burkina Faso, elle a cependant ajouté que "pour avoir des certitudes, il faudra attendre que l'enquête puisse se dérouler sur place".

Des pilotes très expérimentés 

La compagnie aérienne espagnole de leasing Swiftair employait sur le vol d'Air Algérie deux pilotes "très expérimentés", a-t-elle fait savoir vendredi. Sous contrat à durée déterminée, ils avaient déjà fait cinq fois le trajet Ouagadougou-Alger à bord de cet avion. La compagnie a assuré qu'ils "avaient une grande expérience dans ce type spécifique d'avion"

Si cette dernière n'a pas révélé leur identité, les médias, qui publient leurs photos, révèlent que la copilotea ainsi que le commandant de bord habitaient tous deux l'île de Majorque, aux Baléares. Ils avaient été recrutés par Swiftair par l'intermédiaire d'une agence de travail temporaire spécialisée.

Une compagnie fiable

Selon Agustin Guzman, responsable du syndicat espagnol de pilotes Sepla, "Swiftair a un certificat de transporteur aérien espagnol et reste donc soumise aux normes espagnoles et européennes", au même titre que les autres compagnies, même lorsqu'elle vole hors d'Espagne. La compagnie, méconnue du grand public, "n'a pas mauvaise réputation" dans la profession, a-t-il par ailleurs souligné.

En janvier 2012, elle avait eu un accident avec un autre MD83, qui n'avait pas fait de blessés. L'aile droite de l'avion avait touché le sol lors d'un atterrissage à Kandahar, en Afghanistan, selon un rapport d'enquête du ministère de l'Equipement espagnol. "Toutes les compagnies du monde ont eu des incidents qui ont fait l'objet d'une enquête des autorités de leurs pays", a nuancé Agustin Guzman."A priori, il n'y a pas de rapport entre ce qu'il s'est passé en Afghanistan [et l'accident de jeudi]."

Un avion en bon état

L'avion accidenté avait passé en janvier 2014, avec succès, sa révision annuelle, selon le gouvernement espagnol. Mardi, il avait été examiné à Marseille, en France, par la Direction générale de l'aviation civile. Celle-ci l'avait déclaré en bon état. Selon son directeur général, Patrick Gandil, le bon état de l'appareil "n'exclut pas qu'il y ait eu une panne fortuite. Mais ce n'est vraiment pas la première hypothèse".