Algérie : les rescapés de la prise d'otages racontent ce qu'ils ont vécu

TEMOIGNAGES | Après un total black-out sur la prise d'otages d'In Amenas en plein désert, faute de journalistes sur place, on commence à pouvoir reconstituer des bribes de son déroulé. Plusieurs otages qui ont fui ou ont été libérés témoignent de ce qu'ils ont vu et vécu..

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Otage algérien : "Ils
ne cherchaient que les expatriés. Ils les ont attachés
"

Cet ingénieur, contacté par France Info, raconte le
début de la prise d'otages :"Tout d'un coup, les coups de
feu, les explosions, on a rien compris. Ils nous ont plongé dans le
noir. Ils ont coupé l'électricité. Ils ont cassé les portes des
chambres, en criant 'on cherche que les expatriés, les Algériens, vous
pouvez partir'. Ils les ont attachés
".  Cet otage décrit ses ravisseurs : "Ils
avaient des accents algérien ou libyen, un type maghrébin. Ils étaient
super bien armés, munis de bombes, très à l'aise
, explique-t-il. Ils avaient 30, 35 ans ".Un employé français de la société CIS Catering, "épuisé et traumatisé", "n'a qu'une hâte, c'est de rentrer". Les 150 salariés de cette entreprise française qui travaillaient sur la base de vie de l'usine gazière sont sains et saufs.
 

Otage algérien : "J'ai vu deux terroristes, bien armés, en tenue afghane, barbus... " Cet otage a été joint par RFI, après avoir été relâché jeudi du complexe gazier d'In Amenas. Il se remémore aussi l'attaque des djihadistes : "C'était le matin au réveil, on a commencé à entendre des rafales de balles à l'intérieur de la base de vie. Ca a duré plus de heures et demi , raconte-t-il. C'était des terroristes, ils ont dit qu'ils ciblaient uniquement les expatriés [...] Il y en avait deux devant la porte, bien armés, en tenues afghanes, barbus. L'un avait un accent qui n'était pas algérien. Et quand ils ont vu que l'armée algérienne prenait position, ils ont changé de politique. Ils ont séparé les otages, les expat' d'une part, les Algériens dans le foyer. Maintenant, on est sans nouvelles de nos collègues expat'. C'est eux qui vont servir de bouclier ". 

Alexandre Berceaux, otage français : "Je ne savais pas si c'était un exercice " Alexandre Berceaux, employé de la société CIS Catering sur le site d'In Amenas, est resté caché sous son lit pendant 40 heures : "Personne ne s'y attendait. Le site était protégé. Il y a des forces militaires sur place , a-t-il raconté sur Europe 1 vendredi matin. L'alarme qui nous dit de rester au lieu où nous sommes était en route. Je ne savais pas si c'était un exercice ou si c'était vrai [...] Je ne savais pas combien de temps ça allait durer ". Il a été sauvé par "des militaires habillés en verte ", vraisemblablement des militaires algériens. 

Stephen McFaul, otage irlandais : "L'armée algérienne a bombardé quatre des cinq jeeps dans lesquelles étaient montés ravisseurs et otages " Cet otage a, semble-t-il, échappé à ses ravisseurs, lors de l'assaut algérien. Ses propos ont été rapportés à Reuters par son frère : "Les ravisseurs étaient en train de déplacer les otages entassés dans cinq jeeps à partir d'un endroit du complexe. Ils ont été interceptés par l'armée algérienne. L'armée a bombardé et quatre des véhicules ont été détruits. Mon frère pense que tout le monde est mort ".