Depuis plus d'une semaine, la République centrafricaine s'embrase à nouveau. Six mois après le coup d'Etat qui a renversé le président François Bozizé, des combats entre les partisans de l'ancien président et les ex-rebelles de la coalition Séléka, dans des villages proches de la ville de Bossangoa (Ouest), ont fait une centaine de morts depuis le début du mois de septembre.

A tel point que la communauté internationale s'alarme. Une source diplomatique française a révélé mardi 17 septembre que l'ONU se pencherait, mercredi 25 septembre, sur le renforcement éventuel de la force africaine dans le pays (Misca).

Francetv info vous explique pourquoi ce pays d'Afrique centrale de 5,2 millions d'habitants est à nouveau plongé dans la crise.

Les partisans de l'ancien président sont toujours actifs

Renversé en mars après dix ans de règne, François Bozizé n'a pas renoncé au pouvoir. De passage en France en août, il s'est dit prêt à le reprendre "si l'occasion se présentait", affirmant privilégier "la voie politique puisque la voie des armes ne vient que lorsque la solution politique n'est pas trouvée".

Sur le terrain, ses partisans ont pourtant pris les armes contre la coalition Séléka, dans les environs de Bossangoa, la région natale du président déchu, à 250 kilomètres au nord de la capitale, Bangui. Un reporter de RFI, qui a croisé leur route, raconte qu'ils multiplient les embuscades contre les troupes du nouveau pouvoir et attaquent les villages musulmans, la religion du nouveau président Michel Djotodia. 

Les ex-rebelles sont devenus incontrôlables

Groupe hétéroclite de 25 000 personnes, la coalition Séléka est aujourd'hui incontrôlable. Nombre de ces hommes n'obéissent qu'à leurs chefs directs, qui se sont taillés des fiefs partout dans le pays. Des combattants – "incontrôlés" selon les autorités – sont accusés de multiples exactions, de violences et de pillages à répétition contre la population.

Le 20 août, une opération de maintien de l'ordre dans un quartier des partisans de François Bozizé, à Bangui, a fait 11 morts. Les habitations ont été pillées et incendiées. Ces derniers jours, à Bossangoa, l'ONG Médecins sans frontières (MSF) rappelle que les violences et les atrocités contre la population civile "ont été commises par les deux parties du conflit".

Pour tenter de reprendre la main, le nouveau président a donc annoncé la dissolution de ce groupe. "Tous ceux qui vont continuer à se réclamer de ces entités seront considérés comme des bandits", a-t-il menacé. Mais la tâche s'annonce très compliquée pour un appareil d'Etat qui a quasiment disparu avec le putsch de mars.