VIDEO. Retour sur les trois ans de calvaire des quatre otages enlevés au Niger

François Hollande a annoncé mardi la libération de Daniel Larribe, Marc Féret, Thierry Dol et Pierre Legrand, enlevés en 2010.

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SYLVAIN LEQUESNE / FRANCE 3
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François Hollande a annoncé, mardi 29 octobre, la libération des quatre otages français enlevés à Arlit, dans le nord du Niger, en 2010. Daniel Larribe, Marc Féret, Thierry Dol et Pierre Legrand ont vécu "trois ans d'épreuve", selon les mots du président de la République. Francetv info revient sur ce que l'on sait de leur captivité.

2010 : l'année de l'enlèvement

Le 16 septembre 2010, sept personnes - cinq Français dont une femme, un Togolais et un Malgache -, pour l'essentiel des collaborateurs des groupes français Areva et Satom (filiale du groupe Vinci), sont enlevées à Arlit, site d'extraction d'uranium dans le nord du Niger.

Le 21 septembre, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) revendique l'enlèvement des cinq Français. Trois jours plus tard, la France confirme être prête à "engager le contact à tout moment" avec Aqmi, affirmant qu'une opération militaire n'est pas à l'ordre du jour. Le 30 septembre, le groupe terroriste met en ligne une photo des otages accompagnée d'un enregistrement audio.

2011 : les premières libérations

Le 24 février, Françoise Larribe, l'épouse de Daniel Larribe, le Togolais et le Malgache retenus en otage sont libérés "en territoire nigérien", selon une source sécuritaire à Niamey). Paris confirme leur libération. Quatre Français, Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret, restent détenus.

Le 21 mars, Aqmi réclame "au moins 90 millions d'euros" pour leur libération. La France refuse. Le 26 avril, les ravisseurs diffusent une vidéo contenant des messages des quatre otages "suppliant" Nicolas Sarkozy de retirer les troupes françaises d'Afghanistan. Une nouvelle demande immédiatement rejetée par Paris.

2012 : l'essoufflement

Le 8 septembre, un site privé mauritanien publie une vidéo tournée le 29 août montrant séparément les quatre otages, qui appellent à négocier pour leur libération. Le 8 décembre, le frère d'un des prisonniers s'adresse aux ravisseurs via une vidéo dans laquelle il dit ne pas comprendre "pourquoi tout est bloqué".

Le 17 décembre, Paris annonce que les otages français sont "vivants" mais les tentatives pour les libérer sont "pour l'instant" restées vaines.

2013 : le dénouement

Le 11 mai, le président nigérien, Mahamadou Issoufou, affirme que les otages sont vivants, tout en reconnaissant ignorer leur lieu de détention. Le 16 mai, François Hollande indique que la France est prête à reprendre tous les contacts, interrompus après l'intervention française au Mali, pour favoriser leur libération.

Le 21 juin, le père et le frère d'un des otages annoncent avoir porté plainte pour enlèvement et séquestration, ainsi que pour mise en danger de la vie d'autrui. Le lendemain, Aqmi affirme que les huit otages européens entre ses mains, dont cinq Français, sont "en vie". Le 25 juillet, François Hollande confirme avoir des preuves de vie. Le 16 septembre, l'agence d'information mauritanienne ANI révèle avoir reçu une vidéo des quatre Français d'Arlit, "visiblement en bonne santé" et appelant à "négocier leur libération".

Le 19 septembre, à Bamako (Mali), le président Hollande explique s'être entretenu avec des dirigeants du Sahel à propos des otages, en vue de rechercher "les meilleurs contacts" pour "les retrouver". Le 24 octobre, des sources sécuritaires régionales à Gao (nord du Mali) font état de la présence d'émissaires dans le Sahel pour "accélérer les négociations en vue de la libération des otages français". La France dément formellement.

Le 29 octobre, François Hollande annonce la libération des quatre otages français. Les ministres Laurent Fabius (Affaires étrangères) et Jean-Yves Le Drian (Défense) se rendent à Niamey à la rencontre des otages libérés.

Des soutiens et des proches des otages enlevés au Niger en 2010, lors d\'une manifestation près du palais de l\'Elysée le 9 octobre 2013.
Des soutiens et des proches des otages enlevés au Niger en 2010, lors d'une manifestation près du palais de l'Elysée le 9 octobre 2013. (BERTRAND GUAY / AFP)