Maroc : un lycéen français condamné à deux ans de prison pour "apologie du terrorisme"

Cet adolescent originaire du Nord a été condamné pour avoir hissé, en août dernier, un drapeau assimilé à celui du groupe terroriste Etat islamique sur le toit de la maison de sa tante, chez qui il passait ses vacances.

C'est le 22 août 2014, à Bni Bouayach, dans le nord-est du Maroc, qu'Abdelmalik El Makrini a hissé le drapeau du "tawhid", assimilé à un symbole terroriste par la justice marocaine.
C'est le 22 août 2014, à Bni Bouayach, dans le nord-est du Maroc, qu'Abdelmalik El Makrini a hissé le drapeau du "tawhid", assimilé à un symbole terroriste par la justice marocaine. (GOOGLEMAPS)
avatar
France Télévisions

Mis à jour le
publié le

Selon sa famille, il n'a pas mesuré la portée de son geste. Abdelmalik El Makrini, un lycéen français de 18 ans, a été condamné à 2 ans de prison, jeudi 27 novembre, par un tribunal marocain pour "apologie du terrorisme". Il est reproché au jeune habitant de Lambersart (Nord) d'avoir hissé un drapeau habituellement brandi par des terroristes, notamment le groupe terroriste Etat islamique, sur le toit d'une maison de la ville de Bni Bouayach, dans le nord-est du Maroc.

Tout commence le 22 août, comme l'explique La Voix du Nord. L'adolescent passe ses vacances dans la localité, chez sa tante. Ce jour-là, se déroulent les fiançailles de sa cousine. Pour marquer l'évènement, et pour souligner sa foi musulmane selon sa sœur, le lycéen hisse sur le toit de la maison familiale le drapeau du tawhid (le dogme fondamental de l'islam), sur lequel est écrit, en blanc sur fond noir, un message clamant que Dieu est unique, un des piliers de la religion. Sauf que des policiers sont rapidement alertés de ce qu'ils voient comme une apologie jihadiste, ce drapeau servant d'étendard à des terroristes islamistes. "Il nie avoir eu cette intention", assure sa sœur.

Un interrogatoire en arabe, langue qu'il ne comprend pas

Interpellé, Abdelmalik El Makrini reconnaît avoir hissé le drapeau. Selon sa sœur, il est alors interrogé à Casablanca dans les locaux de la brigade antiterroriste marocaine. On lui pose des questions en arabe, langue qu'il ne comprend pas. Il finit par signer un PV d'audition, sans le comprendre, selon ses proches. Un texte dans lequel il avoue avoir fait l'apologie du terrorisme. Sa garde à vue a duré 12 jours, avant qu'il soit transféré dans une prison pour jeunes à Salé, près de Rabat.

Jeudi, son procès n'a duré que quinze minutes. Le jeune Français a été jugé en même temps que 13 autres personnes accusées de forfaits en lien avec le terrorisme. Sa famille, qui s'est mobilisée depuis son arrestation, est sous le choc. Son avocat assure au site Tel Quel qu'il va faire appel. Lors de sa plaidoirie, il a fait remarquer au juge que le même drapeau avait été brandi lors de récentes manifestations à Rabat, sans réaction des autorités.