Manuel Valls déclenche un incident diplomatique avec le Gabon

Le Premier ministre a laissé entendre, samedi soir dans "On n'est pas couché" sur France 2, qu'Ali Bongo n'avait pas été élu régulièrement à la tête du Gabon.

Le président gabonais, Ali Bongo, le 10 novembre 2015 lors de la COP 21, à Paris.
Le président gabonais, Ali Bongo, le 10 novembre 2015 lors de la COP 21, à Paris. (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY)
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Le Gabon n'a guère apprécié les propos tenus par Manuel Valls, samedi soir dans l'émission "On n'est pas couché", sur France 2. A tel point que Libreville a décidé, dimanche 17 janvier, de rappeler son ambassadeur en France, Germain Ngoyo Moussavou. Objet du courroux gabonais : une petite phrase du Premier ministre laissant entendre que le président de ce pays, Ali Bongo, n'a pas été élu régulièrement.

Des paroles prononcées au cours de l'échange tendu que le Premier ministre a eu avec l'humoriste Jérémy Ferrari.

Ali Bongo "pas élu comme on l'entend"

"Comment vous expliquez qu’Ali Bongo se retrouve en tête d’une marche pour la liberté d’expression ?, lui demande Ferrari.
Dans cette manifestation, il y avait des chefs d’Etat et de gouvernement. Vous retenez Ali Bongo, moi, je retiens surtout un autre Africain, élu lui : Ibrahim Boubacar Keïta.
– Ah, parce qu'il n'est pas élu Ali Bongo finalement ?
– Non, pas comme on l'entend."

Le ministre de l'Intérieur gabonais, Pacôme Moubelet Boubeya, a fait part de sa "surprise" et de son "étonnement" alors que "nos deux pays entretiennent d’excellentes relations", rapporte Gabon Actu.

L'élection d'Ali Bongo, en 2009, à la présidence du Gabon, est contestée par l'opposition et a été plusieurs fois mise en doute en France par des journalistes ou des responsables politiques. Depuis 2009, c'est la troisième fois que le Gabon rappelle son ambassadeur en France. Gabon News souligne que Manuel Valls devait se rendre en février à Libreville pour une visite d'ordre économique.