L'Unesco a déploré samedi 30 juin la destruction "tragique" de mausolées à Tombouctou par des islamistes armés contrôlant le nord du Mali, deux jours après l'inscription de cette ville sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'organisation.

"Nous venons juste d'apprendre la nouvelle tragique des dégâts sans raison causés au mausolée de Sidi Mahmoud, dans le nord du Mali, a déclaré Alissandra Cummins, présidente de l'Unesco. J'appelle tous ceux qui sont engagés dans le conflit à Tombouctou à exercer leurs responsabilités dans l'intérêt des générations futures, afin de conserver l'héritage du passé."

Alissandra Cummins a également appelé tous les membres du comité du patrimoine mondial de l'Unesco, réunis à Saint-Pétersbourg (Russie), à se joindre à elle pour "exprimer leur tristesse et leur préoccupation quant à la survie de cet important bien de l'héritage mondial". "C'est une nouvelle tragique pour nous tous et d'autant plus pour les habitants de Tombouctou qui ont pris soin de ce monument et l'ont préservé pendant plus de sept siècles."

Les islamistes d'Ansar Dine menacent de détruire "tous les mausolées"

Des islamistes armés contrôlant le nord du Mali ont détruit samedi le mausolée d'un saint musulman qu'ils avaient profané en mai à Tombouctou, et se sont attaqués à un second mausolée, selon des témoins. Un porte-parole du groupe islamiste Ansar Dine a lui-même prévenu que "tous les mausolées" musulmans de Tombouctou seront détruits.

L'Unesco avait placé jeudi Tombouctou sur la liste du patrimoine mondial en péril, alertant la communauté internationale sur les dangers qui pèsent sur cette ville aux mains des islamistes depuis la fin mars. Le comité du patrimoine mondial avait indiqué avoir accepté la demande formulée par le gouvernement du Mali d'inscrire Tombouctou, ainsi que le Tombeau des Askia (situé à Gao, autre ville du nord malien tenue par des islamistes) sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Il s'agit de lancer une alerte sur ces "sites menacés par le conflit armé qui affecte la région".

L'Unesco a demandé à l'Union africaine et à la communauté internationale de faire "tout leur possible pour aider à protéger Tombouctou et le Tombeau des Askia". L'organisation a aussi appelé les voisins du Mali à "mettre tout en oeuvre pour prévenir le trafic d'objets culturels en provenance de ces sites", notamment des manuscrits anciens, susceptibles d'être "pillés".