Attaque à Ouagadougou : trois hommes travaillant dans le Val-d'Oise parmi les victimes

Ils travaillaient dans une société de transports. Deux d'entre eux sont français, le troisième est portugais.

Des corps sont évacués de l'hôtel Splendid et du café-restaurant le Cappuccino après une attaque jihadiste à Ouagadougou (Burkina Faso), le 16 janvier 2016.
Des corps sont évacués de l'hôtel Splendid et du café-restaurant le Cappuccino après une attaque jihadiste à Ouagadougou (Burkina Faso), le 16 janvier 2016. (ISSOUF SANOGO / AFP)
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Les deux victimes françaises de l'attentat qui frappé vendredi 15 et samedi 16 janvier Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, sont originaires de l'Oise et étaient collègues de travail. Présent à leurs côtés, leur troisième collègue est portugais. Vingt-neuf personnes, dont de nombreux étrangers, ont été tuées lors d'un raid jihadiste contre un hôtel et un restaurant.

Les trois hommes travaillaient pour Scales, une société spécialisée dans les transports exceptionnels et basée à Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise).

Eddie Touati, 54 ans, père de deux enfants

L'un des deux hommes tués à Ouagadougou s'appelle Eddie Touati. Agé de 54 ans, il était père de deux enfants, un jeune homme de 26 ans et une jeune femme de 22 ans. Sa famille est originaire du village rural de Fontaine-Saint-Lucien, à 10 km de Beauvais. Il n'y habitait cependant plus mais y revenait souvent, selon Caroline Cayeux. Une partie de sa famille habite Beauvais. 

"Je connaissais des membres de [s]a famille (...), des gens sympathiques. L'un de ces membres est restaurateur dans le Beauvaisis. Je suis effondrée", a ajouté Caroline Cayeux, la maire de Beauvais, préfecture de l'Oise. Il travaillait comme "responsable d'équipe" chez Scales, a-t-elle précisé dans un communiqué. "C'était un proche d'un club de moto de Beauvais, le Liovette Moto Club", a-t-elle ajouté. "Il avait partie de l'équipe dirigeante [de ce club] et avait également suivi une formation de directeur de course."

"Eddie n'a pas fait de grandes études, il n’avait peut-être qu'un CAP de carrosserie automobile mais il était très débrouillard et surtout pas fainéant. Il travaillait tout le temps", se souvient un de ses amis dans Le Parisien

Sa fille de 22 ans a d'abord publié sur Twitter un appel à témoin pour retrouver son père dont elle était sans nouvelles.

Puis elle a publié un message poignant après avoir appris sa mort : "Papa, je n'arrive toujours pas à y croire. Tu as succomber aux balles de ces detraquer.. Mon coeur est anéantie (sic)"

Arnaud Cazier, 41 ans, marié et père d'une fille

La deuxième victime, Arnaud Cazier, 41 ans, était marié et père d'une fille, Illona, 20 ans. Il habitait une autre petite commune, Crillon, à 17 km de la préfecture de l'Oise. Les deux hommes étaient "en voyage d'affaires, dînaient ensemble dans le restaurant Le Cappuccino, prisé des Occidentaux" et "devaient rentrer en France dimanche soir", selon la maire de Beauvais.

Céline Cazier, 44 ans, l'épouse d'Arnaud, s'est confiée au Parisien : "Il m'a appelée vendredi soir à 17h42 pour me dire que tout allait bien... Il m'a prévenue que, pour une fois, ils allaient manger un bon repas ensemble avec ses collègues Eddie et Antonio. Arnaud se faisait une joie de rentrer. Ils étaient partis le 5 janvier et tous devaient reprendre l'avion dimanche soir… Nous devions fêter notre vingtième anniversaire de mariage le 30 janvier. On ne le fera pas..." Céline Cazier garde le "souvenir d'un mari généreux qui donnait tout ce qu'il avait et engrangeait les missions pour nous assurer un confort matériel".

Antonio De Oliveira Basto, 52 ans, père de deux enfants

L'homme qui dînait avec eux est un employé portugais de la même société. Antonio De Oliveira Basto, 52 ans, habite en France. Dans un premier temps, le doute subsistait sur sa nationalité. "Nous confirmons le décès de nos collaborateurs Messieurs Arnaud Cazier, Eddie Touati, de nationalité française et Antonio De Oliveira Basto, de nationalité portugaise, partis en mission au Burkina Faso pour le compte de notre entreprise", a finalement déclaré le président de Scales.

"Toutes nos pensées leur sont évidemment destinées, ainsi qu'à leurs familles dont nous partageons l'immense tristesse et que nous soutiendrons tous ensemble dans cette terrible épreuve", a ajouté le président de cette PME.