Prise en charge de victimes après un attentat contre une église à Kaduna (Nigeria), le 17 juin 2012.
Prise en charge de victimes après un attentat contre une église à Kaduna (Nigeria), le 17 juin 2012. (AFP)

Cinq attentats à la bombe ont visé dimanche 17 juin des églises chrétiennes de l'Etat de Kaduna, dans le nord du Nigeria. Le groupe islamiste Boko Haram a revendiqué ces attaques qui ont fait 16 morts, selon la police. Mais, avec les émeutes de chrétiens en colère qui ont suivi les explosions, le dernier bilan monte à plus de 50 morts et 150 blessés, selon les secours. 

L'agence d'Etat pour la gestion des situations d'urgence (Nema) et des habitants ont indiqué que trois explosions s'étaient produites à Zaria, déjà frappée dans le passé par Boko Haram, ainsi qu'à Kaduna, capitale de l'Etat du même nom. A Zaria, les explosions ont visé la cathédrale catholique du Christ Roi et l'église évangélique de la Bonne Nouvelle. A Kaduna, c'est l'église de Shalom qui a été prise pour cible dans des faubourgs sud de la ville à majorité chrétienne.

( REUTERS)

"Allah nous a donné la victoire dans les attaques lancées contre des églises [des villes] de Kaduna et Zaria qui ont provoqué la mort de nombreux chrétiens et membres des forces de sécurité", a déclaré lundi Abu Qaqa, porte-parole de Boko Haram, dans un message électronique. Il a ajouté qu'il s'agissait de "représailles contre les nombreuses atrocités commises contre des musulmans".

Représailles chrétiennes

Après les attentats, des chrétiens en colère se sont livrés à des représailles contre des musulmans dans un faubourg majoritairement chrétien de la ville de Kaduna. Beaucoup de leurs victimes souffrent de blessures infligées à la machette ou au gourdin. Lundi, les hôpitaux manquaient de sang pour opérer, a déclaré un responsable de la Croix-Rouge.

Un journaliste de l'AFP a vu dans les rues de Kaduna des mosquées, des stations-service, des dizaines de véhicules et des boutiques incendiées en guise de représailles. Un couvre-feu de 24 heures a été instauré dans la ville, dont les banques et bureaux étaient fermés et les rues quasi désertes, lundi.

Le 10 juin déjà, des attentats revendiqués par les islamistes de Boko Haram avaient visé deux églises du centre et du nord-est du Nigeria, faisant quatre morts, dont un kamikaze, et une cinquantaine de blessés. Un porte-parole des islamistes avait déclaré que ces attaques voulaient démonter que le groupe restait actif malgré les opérations de répression des forces de sécurité.