Côte d'Ivoire : Aqmi assure que l'attaque de Grand-Bassam est une réponse aux opérations françaises

Les ministres français des Affaires étrangères et de l'Intérieur, Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve, sont arrivés mardi à Abidjan pour témoigner de la solidarité de Paris avec la Côte d'Ivoire dans la lutte contre les jihadistes.

Le président ivoirien, Alassane Ouattara (D), reçoit à Abidjan les ministres français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault (C), et de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve (G), le 15 mars 2016. 
Le président ivoirien, Alassane Ouattara (D), reçoit à Abidjan les ministres français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault (C), et de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve (G), le 15 mars 2016.  (SIA-KAMBOU / AFP)

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Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait revendiqué dès dimanche l'attaque qui a fait 18 morts, dont quatre Français, sur la plage de Grand-Bassam, en Côte d'Ivoire. Dans un nouveau communiqué diffusé dans la nuit du lundi 14 au mardi 15 mars, l'organisation terroriste a indiqué que l'attentat était une réponse à l'opération Barkhane menée par la France contre les groupes jihadistes au Sahel, évoquant "une vengeance" pour "[ses] frères récemment tués par la France", détaille RFI.

L'organisation affirme dans sa revendication qu'elle a visé, et visera encore, la France "et ses intérêts dans les pays participant aux opérations Serval et Barkhane", selon SITE, le centre de surveillance des sites internet islamistes. 

Barkhane, qui a succédé en août 2014 à l'opération Serval lancée en janvier 2013 pour contrer l'avancée des jihadistes dans le nord du Mali, mobilise quelque 3 500 militaires dans cinq pays de la "bande saharo-sahélienne" : Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina Faso.

Aqmi menace tous les alliés de la France 

Aqmi menace également directement la Côte d'Ivoire "et tous [les Etats] impliqués et participant à l'alliance avec la France" dans ces opérations anti-jihadistes. Abidjan a aussi été visé pour avoir livré quatre membres d'Aqmi aux autorités maliennes, selon le communiqué. Aqmi explique par ailleurs que l'attaque de dimanche fait partie "d'un plan visant les foyers des Croisés et leurs lieux de rassemblement". 

La Côte d'Ivoire participe à la force de l'ONU déployée au Mali (la Minusma) et près de 600 militaires français sont stationnés dans quatre bases dans les environs d'Abidjan. Le pays est un allié historique de la France en Afrique de l'Ouest.

Les ministres français des Affaires étrangères et de l'Intérieur, Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve, sont d'ailleurs arrivés mardi à Abidjan pour témoigner de la solidarité de Paris avec la Côte d'Ivoire. "Nous devons renforcer notre coopération pour que les terroristes n'aient aucune chance", a affirmé le chef de la diplomatie française à son arrivée dans le pays.