CARTE. Terrorisme : visualisez la progression d'Aqmi depuis 2007

Après l'Algérie et le Mali, le groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique étend son champ d'action au sud du Sahel.

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Sa progression s'étend désormais à la Côte d'Ivoire, touchée pour la première fois par des attentats jihadistes. Dimanche 13 mars, au moins 18 personnes ont perdu la vie dans l'attaque de plusieurs hôtels dans la station balnéaire de Grand-Bassam. Le groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique a revendiqué l'attentat, qui rappelle celui de l'hôtel Radisson le 20 novembre 2015 à Bamako (Mali) et celui du Splendid à Ouagadougou (Burkina Faso) le 15 janvier 2016. Ces attaques traduisent un changement de stratégie de la part des terroristes depuis quelques mois.

Pour représenter cette évolution, nous avons étudié les données produites par le Armed conflict location and event data project (ACLED), littéralement "Projet de localisation des événements des conflits armés", initié par l'université du Sussex (Angleterre), et qui compile toutes les actions menées dans le cadre de conflits en cours en Afrique et en Asie depuis 1997.

Notre carte représente tous les lieux dans lesquels le groupe Aqmi et son allié le groupe Al-Mourabitoune ont été impliqués depuis 2007. Il peut s'agir de combats contre les armées régulières des pays concernés, qu'ils soient initiés par les jihadistes ou les forces loyalistes, des attentats menés par des terroristes, des frappes de drone ou d'avion d'un pays occidental comme la France ou les Etats-Unis (comme en Libye) ou d'une revendication territoriale annoncée par Aqmi (comme dans le Sinaï). 

Les populations civiles sont les nouvelles cibles

Quelque 830 événements ont été dénombrés pendant les neuf années étudiées. Si la majorité d'entre eux se produisent sur le territoire algérien (603 événements) et au Mali (141 événements), la progression récente montre la volonté du groupe terroriste d'élargir son champ d'action. Cette nouvelle stratégie, qui consiste à s'attaquer aux populations civiles des grandes villes, permet aux terroristes d'obtenir un relais médiatique important ainsi que de s'éloigner des combats contre les forces françaises de l'opération Barkhane qui opérent dans le Sahel, comme le relève RFI. Les événements violents que nous avons recensés ont causé la mort de 2 468 personnes, soldats, jihadistes et civils.