Intempéries dans l'Ouest : la situation est-elle inédite ?

Tempête Dirk, villes inondées en Bretagne, forte houle sur l'ensemble du littoral atlantique... Pour francetv info, Sébastien Leas, de Météo France, revient sur le temps perturbé de ces dernières semaines.

Un homme marche dans l\'écume, près de la côte, sur la commune de Penmarch (Finistère), le 6 janvier 2014.
Un homme marche dans l'écume, près de la côte, sur la commune de Penmarch (Finistère), le 6 janvier 2014. (RÉMI JAOUEN / CITIZENSIDE / AFP)
avatar
franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

Des dizaines de familles les pieds dans l'eau, plusieurs millions d'euros de dégâts et l'état de catastrophe naturelle bientôt reconnu dans plusieurs villes. Depuis début décembre, les intempéries se succèdent en Bretagne et sur toute la côte atlantique. Mais ces phénomènes sont-ils inédits ? Eléments de réponse avec Sébastien Leas, ingénieur prévisionniste chez Météo France. 

Francetv info : Les éléments se sont-ils particulièrement déchaînés ces dernières semaines ?

Sébastien Leas : D'abord il faut faire attention au terme de "tempête", qui est utilisé à tort. Il y a bien eu une tempête, Dirk, sur la Bretagne, entre le 23 et le 25 décembre. Mais pour le reste, il s'agit d'une succession de perturbations avec des précipitations assez marquées. 

La seule situation remarquable, c'est la durée et l'intensité de cette situation qu'on appelle "de sud-ouest perturbé", qui a vu se succéder jusqu'à une perturbation pluvieuse active par jour. Ce rythme est fréquent, mais ce qui est plus rare, c'est qu'il se maintienne durant trois semaines. 

Comment explique-t-on ce passage soutenu de perturbations ? 

C'est en fonction de la position des centres d'action que sont les anticyclones ou les dépressions. Plus la dépression est proche des îles britanniques, plus la France se situe dans le rail de passage des perturbations. Et la Bretagne étant aux avant-postes des perturbations, qui diminuent en intensité en entrant dans les terres, elle a été particulièrement touchée. 

On n'a pas eu de records de précipitations, mais sur le centre de la Bretagne, 400 mm de pluies ont été relevés en moins de trois semaines. C'est l'équivalent de deux mois et demi des précipitations normales d'un mois de décembre. 

Qu'en est-il de la houle qui a frappé les côtes du Sud-Ouest ?

Les deux phénomènes ont à peu près les mêmes causes, c'est-à-dire que cette dépression qui a circulé a provoqué des vents assez forts sur le bassin atlantique et sur des grandes étendues d'eau. Combiné à la période de grandes marées, on a relevé, au large, des vagues allant jusqu'à plus de 15 mètres de haut. C'est remarquable, mais pas inédit. 

C'est également la première fois que l'on déclenchait notre système de vigilance sur tout le littoral atlantique. Mais cette vigilance n'existe que depuis deux ans, donc le recul est faible.