Incendie dans les Bouches-du-Rhône : "On avait un très fort mistral, de la chaleur et de la sécheresse"

Pour franceinfo, Jérôme Cerisier, prévisionniste chez MeteoGroup décrypte les conditions météo qui ont aidé au déclenchement des feux, ce week-end. 

750 hectares ont été parcourus par les flammes entre Saint Cannat et Eguilles.
750 hectares ont été parcourus par les flammes entre Saint Cannat et Eguilles. (MAXPPP)
avatar
Propos recueillis par Louise HemmerléfranceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

L'incendie qui a sévi dans les Bouches-du-Rhône entre Saint-Cannat et Eguillesentre samedi 15 et dimanche 16 juillet, a ravagé 750 hectares de terrain. Face aux reprises d'incendie, le dispositif mis en place pour en venir à bout, dont 750 sapeurs-pompiers et 200 véhicules, a dû être étendu jusqu'à mardi soir. Sur Twitter, les pompiers des Bouches-du-Rhône ont déploré 80 feux en vingt-quatre heures, dont trois qui se sont étendus au-delà d'un hectare. 

Comment expliquer que le week-end ait été si riche en départs de feux ? Jérôme Cerisier, prévisionniste pour MeteoGroup, répond aux questions de franceinfo. 

Franceinfo : Quelles étaient les conditions météorologiques qui ont participé au déclenchement de l'important incendie dans les Bouches-du-Rhône, ce week-end ?

Jérôme CerisierCe week-end, nous avions un très fort mistral qui soufflait à plus de 90 km/h, de la chaleur avec des températures qui dépassaient les 30 degrés et de la sécheresse de surface. Or, plus ces trois facteurs de vent, de chaleur et de sécheresse sont forts, plus les risques d'incendie sont élevés. Même si, bien sûr, un incendie ne part jamais spontanément. Il y a forcément un facteur déclencheur, que ce soit un geste humain ou la foudre.

La sécheresse et la chaleur sont-elles inhabituelles pour la saison ?

Ce sont des conditions tout à fait classiques, que l'on retrouve fréquemment en période estivale. Les températures, ce week-end à Marseille, étaient autour des 33 degrés. Ce sont des températures certes au-dessus des moyennes de saison, mais qui n'ont rien d'exceptionnel. Dans les régions méditerranéennes, on est en effet en déficit de précipitations, ce qui est assez récurrent l'été. C'est devenu habituel. On a aussi eu peu de pluie en hiver et au printemps. Dans le Sud-Ouest, la bonne nouvelle c'est qu'on a eu un gros épisode pluvieux à la fin du mois de juin, donc les sols sont moins secs.

Quelles sont les prévisions pour les prochains jours ? Peut-on s'attendre à une accalmie ?

Le mistral a déjà faibli, il souffle actuellement à seulement 25 km/h à Marseille. Un vent du Sud va reprendre à partir de demain pour quarante-huit heures, mais c'est sans doute moins grave car c'est un vent maritime. Et l'humidité de l'air sera un peu plus importante. Ensuite, on aura un temps passablement orageux.