Gelées dans l'Est : "On n'est pas à l'abri d'une nuit dramatique", s'alarment les viticulteurs

Les températures sont tombées sous le 0°C ces deux dernières nuits. Dans les régions viticoles de l'est de la France, l'inquiétude grandit alors que de nouvelles gelées sont annoncées.

Un viticulteur alsacien montre les résultats de la gelée nocturne, le 20 avril 2017, à Sigolsheim (Haut-Rhin).
Un viticulteur alsacien montre les résultats de la gelée nocturne, le 20 avril 2017, à Sigolsheim (Haut-Rhin). (MAXPPP)
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Julie RasplusFrance Télévisions

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Depuis mardi, les viticulteurs de l'est de la France tremblent. Le froid a refait son apparition en plein mois d'avril, gelant les vignobles de Bourgogne, de Côte d'Or, d'Alsace ou encore du Vaucluse qui commençaient à bourgeonner. La nuit de mercredi 19 à jeudi 20 avril a été particulièrement "méchante", avec des températures négatives qui ont détruit les premiers bourgeons et lourdement pénalisé certaines exploitations.

Ce n'est pas faute de s'être mobilisés. Inquiets, de nombreux vignerons ont passé de longues heures à installer des systèmes pour tenter de parer au froid. Dans le vignoble chablisien, en Bourgogne, les deux dernières nuits ont été courtes. "On a protégé 3,5 hectares sur le bas des coteaux", détaille Christian Moreau, viticulteur à Chablis, contacté par franceinfo. Ces chaufferettes, surtout destinées à préserver les grands crus, ont transformé le vignoble touchés par le froid. 

Elles ont aussi limité la casse sur la propriété de 12 hectares, alors que le mercure est tombé à -2,5°C par endroits. "Tout ce qui a été chauffé aux bougies s'en est bien sorti. Mais les dégâts sont très variables selon les secteurs. On ne va pas se plaindre car on n'est pas les plus mal lotis, mais on a tout de même un hectare qui a été ratiboisé à 100%", affirme Christian Moreau, un peu lassé de cette météo après un printemps 2016 désastreux. "Ce serait bien que ça s'arrête, là. Déjà que l'année dernière, on a eu la totale avec du gel puis deux épisodes de grêle..."

Environ 50% de ses vignes sont touchées

Olivier Morin s'en souvient bien. En 2016, ce viticulteur à Chitry (Yonne) n'avait pu faire aucune récolte, plombé par la météo déplorable. Et lui ne peut pas se permettre de protéger ses 13 hectares de vignes. Cela lui coûterait trop cher. Le vigneron, contacté par franceinfo, a fait avec les moyens du bord. 

On a placé des ballots de paille autour de certaines vignes. On espérait que la fumée freinerait les masses d'air froid. Mais c'était peine perdue...

Olivier Morin, viticulteur à Chitry

à franceinfo

Pour le moment, Olivier Morin estime que 50% de ses vignes sont touchées. Mais le bilan pourrait empirer, vendredi, alors que Météo France annonce de nouvelles gelées. "On n'est pas à l'abri d'une nuit dramatique, lâche le viticulteur, sans oser imaginer le pire. Si on fait une récolte amputée de moitié - et encore... Ce serait vraiment préoccupant..." La nuit qui arrive s'annonce longue pour les exploitants.