Marseille : de la pollution dans le sillage des bateaux de croisière de plus en plus nombreux

L'association France nature environnement lance l'alerte, mardi, sur la pollution de l'air par les navires de croisière, de plus en plus nombreux à Marseille. 

Les bateaux de crosière sont de plus en plus nombreux à accoster à Marseille, amenant avec eux un panache de pollution.
Les bateaux de crosière sont de plus en plus nombreux à accoster à Marseille, amenant avec eux un panache de pollution. (MAXPPP)
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Marie-Christine LauriolfranceinfoRadio France

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Mobilisée depuis quelques mois sur la pollution de l'air liée aux navires, l'association France Nature Environnement (FNE) et des habitants lancent à nouveau l'alerte, mardi 11 juillet, sur une situation, qui d'après eux s'aggrave. Les bateaux de croisière sont de plus en plus nombreux à accoster à Marseille. Les quelque 460 escales annuelles amènent des recettes à l’économie locale, mais ces navires génèrent aussi une pollution de l'air, vingt fois supérieure à la circulation automobile dans la ville.  

Marseille : de la pollution dans le sillage des bateaux de croisière de plus en plus nombreux - un reportage de Marie-Christine Lauriol
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Les paquebots utilisent un fuel lourd qui dégage 3 500 fois plus de particules fines que le diesel des voitures. Le phénomène et ses répercussions sont dénoncés par France Nature Environnement. Charlotte Lepitre s’occupe des questions de santé à l'association. "La concentration en soufre dans le carburant utilisé par les transports maritimes est la cause majeure de la pollution que l’on peut observer", déclare-t-elle, précisant que ce carburant n’est pas utilisé par les poids-lourds.  

Avec les gros bateaux, "l'arrivée des cancers"

Michèle Rauzier habite le quartier de Mourepiane, dans le nord de Marseille. Elle a la chance de bénéficier d'une vue imprenable sur la Méditerranée. Et sur les bateaux. Certains jours, elle voit jusqu’à cinq navires de croisière simultanément. Cette habitante se dit gênée par la pollution dès que le vent renvoie sur son quartier le panache des bateaux. "Moi qui suis au-dessus, le nez sur les bateaux, j’ai l’impression de me polluer davantage lorsque j’ouvre mes fenêtres", dit-elle. 

Jean-Pierre Eyraud est également riverain du Grand port de Marseille. Depuis deux ans, il souffre d’un cancer des voies respiratoires et ne peut s’empêcher de faire le rapprochement entre la maladie et l’arrivée des grands navires. "Les cancers ont commencé à arriver progressivement avec les bateaux de croisière. Ma sœur est décédée, ainsi qu’un ami d’enfance", déclare ce Marseillais, prêt à citer d'autres exemples dans son entourage. 

Malgré les alertes lancées par des associations et les habitants, seuls les ferries de la Compagnie méridionale de navigation (CMN) se connectent au réseau électrique, lorsqu’ils sont à quai.