Philippines : les ravages du typhon Haiyan en images

On découvre peu à peu l'ampleur des dégâts provoqués par le passage d'un des typhons les plus puissants de l'histoire. Livrés à eux-mêmes, les habitants sont victimes de la famine et des pillages.

Trois jours après le passage destructeur du typhon Haiyan, l'un des plus puissants à jamais avoir touché terre, le centre des Philippines offre des paysages d'apocalypse, lundi 11 novembre. Sur l'île de Leyte, et dans la province de Samar, encore coupée du monde, le bilan humain provisoire dépasse déjà les 10 000 morts. Et pour les survivants, malgré la rapide mobilisation internationale, l'aide a du mal à parvenir aux populations livrées à elles-mêmes. "Tout est détruit", a expliqué le général Paul Kennedy, à la tête des premiers marines américains arrivés sur place.

Au milieu de villes totalement dévastées, hommes, femmes et enfants errent parmi les décombres jonchés de cadavres, de morceaux de tôles, de planches et de véhicules en miettes. Les magasins encore debouts sont victimes de pillages, forçant le pouvoir à déclarer l'état d'urgence et à prévoir l'instauration de la loi martiale dans les zones les plus touchées.

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Le typhon Haiyan, l'un des plus puissants jamais enregistrés, avec des vents dépassant les 300 km/h et des pointes à 378 km/h, a balayé les Philippines, vendredi 8 novembre. Trois jours après le cataclysme, de nombreuses villes du centre du pays sont quasiment rayées de la carte, comme ici Tacloban, sur l'île de Leyte, photographiée le 11 novembre. TED ALJIBE / AFP
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Dans un paysage d'apocalypse, les rescapés errent parmi les décombres, cherchant des restes de leurs habitations ou des traces de survivants. NOEL CELIS / AFP
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La puissance du typhon a été telle que la plupart des habitations ont été emportées dans les zones touchées. C'est le cas également de la végétation, avec ces cocotiers arrachés de terre comme de vulgaires brins d'herbe, dans la province de Samar. TED ALJIBE / AFP
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Le bilan de 10 000 morts est une estimation provisoire. Il pourrait s'alourdir quand les secours parviendront à gagner les localités encore coupées du monde, comme la ville de Guiuan dans la province de Samar, en grande partie détruite, et qui comptait 40 000 habitants avant la catastrophe. BULLIT MARQUEZ / AP / SIPA
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Ayant tout perdu, certains habitants tentent de se construire un abri de fortune, fait de tôles et de planches. Dans un communiqué, le Bureau de la coordination des Affaires humanitaires a comptabilisé près de 620 000 déplacés et déclaré que 9,5 millions d'habitants dans neuf régions étaient "affectés" par la catastrophe. BULLIT MARQUEZ / AP / SIPA
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Sur le bord des routes et au milieu des décombres, des cadavres jonchent le sol. NOEL CELIS / AFP
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A Tacloban, les autorités ont signalé une fosse commune contenant 300 à 500 corps. Les habitants sont forcés de regrouper eux-mêmes les corps. Les autorités craignent déjà l'apparition d'épidémies. AARON FAVILA / AP / SIPA
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La plupart des dégâts et décès semblent avoir été provoqués par les vagues géantes qui ont recouvert les villes et rasé des villages entiers. Elles ont déplacé d'énormes navires, qui servent aujourd'hui d'abris à des rescapés, comme ici près de Cebu. ROMEO RANOCO / REUTERS
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Au milieu des décombres, une naissance miraculeuse. La petite fille, qui s'appelle Bea Joy, est née lundi, dans un bâtiment de l'aéroport de Tacloban. Elle porte le même nom que sa grand mère, Beatriz, portée disparue depuis le passage du typhon. BULLIT MARQUEZ / AP / SIPA
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Toutes sortes d'objets jonchent le sol des rues des villes détruites par le cyclone, comme ces cercueils vides à Tacloban. ROMEO RANOCO / REUTERS
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Personne n'est épargné par le cataclysme et des milliers d'enfants errent parmi les ruines, transportant eux aussi des biens trouvés dans les décombres. AARON FAVILA / AP / SIPA
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Maisons rasées, pylônes électriques au sol, voitures renversées et rues parcourues par des survivants hébétés : pour certains, le paysage après le passage du typhon rappelle les destructions causées par le tsunami en Asie fin 2004. "Les gens qui marchent, on dirait des zombies à la recherche de nourriture", raconte Jenny Chu, étudiante en médecine à Leyte. TED ALJIBE / AFP
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Le désordre règne dans le centre de Tacloban, où les pillages se multiplient dans les magasins. Malgré son rideau de fer, ce commerce est vidé par les pillards. Un convoi d'aide de la Croix-Rouge a même été pillé, à proximité de la ville. AARON FAVILA / AP / SIPA
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Le président des Philippines, Benigno Aquino, qui s'est rendu à Tacloban dimanche, a souligné que les pillages étaient devenus un grave problème alors que seuls 20 des 390 membres de la force de police de la ville ont pu prendre leur service ce même jour. AARON FAVILA / AP / SIPA
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Face à ces pillages, ce commerçant sort armé pour protéger son magasin. En réponse aux violences et aux vols qui se multiplient, des militaires ont été envoyés sur place pour rétablir l'ordre, et le pouvoir envisage d'imposer la loi martiale dans la province de Leyte. AARON FAVILA / AP / SIPA
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La population est exsangue, mais les opérations des sauveteurs sont rendues d'autant plus difficiles que les routes, les aéroports et les ponts ont été détruits par la tempête, ou sont recouverts de débris. MAXPPP
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Même ceux dont la maison a miraculeusement résisté au typhon sont en grand danger, privés de toute ressource, d'eau potable et de nourriture. ROMEO RANOCO / REUTERS
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Affamés, des habitants de Tacloban lancent un appel à l'aide. Sur ce terrain de basket, autrefois loin de la mer, ce Philippin écrit "Au secours - SOS !!! - Nous avons besoin de nourriture". NOEL CELIS / AFP
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Dans les zones reculées touchées par le typhon Haiyan, comme ici dans le village côtier de Capiz, c'est par hélicoptère que l'aide humanitaire est arrivée. TARA YAP / AFP
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Dans d'autres régions touchées, comme ici à Iloilo, au sud de l'île centrale de Panay, les habitants affamés ont pris d'assaut les hélicoptères de l'armée philippine livrant l'aide humanitaire. REUTERS
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A Tacloban, ce sont des DC-10 de l'armée américaine qui ont amené les premiers envois d'aide humanitaire, déchargée par des GI et des soldats philippins. Les Etats-Unis ont envoyé quelque 90 militaires, deux avions et des hélicoptères sur place. La Commission européenne a pour sa part débloqué trois millions d'euros pour les opérations de secours, quand les ONG ont déjà envoyé des tonnes de vivres et des équipes d'évaluation des besoins. TED ALJIBE / AFP
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Mais la distribution de vivres s'annonce longue pour les milliers de survivants. Si cette aide indispensable est bienvenue, des experts en action humanitaire d'urgence ont mis en garde contre une répétition des erreurs commises après le tsunami de 2004. "La bonne volonté produit un afflux ingérable de toutes sortes de biens dans les zones sinistrées, et cela crée des points de congestion dans les ports et les aéroports qui entravent une aide plus ciblée", prévient Paul Arbon, directeur du Torrens Resilience Institute, un centre de recherche australien sur l'aide d'urgence. TED ALJIBE / AFP
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Et face aux besoins d'aide et d'évacuation, l'armée est obligée de laisser passer les rescapés les plus en danger au compte-goutte, comme ici à l'aéroport de Tacloban. MAXPPP
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Parmi les 620 000 personnes déplacées à cause du typhon, on compte de nombreux blessés et malades, comme cette femme et son enfant évacués de Tacloban par les avions américains. Mais des milliers de rescapés n'ont pas encore reçu d'aide. Et pour ceux qui restent, les chances de survie s'amenuisent à mesure que les heures passent. MAXPPP