Ouragan Irma : une touriste et ses deux enfants ont dû payer près de 2400 euros pour regagner la métropole

Evacuée le lendemain du passage de l'ouragan Irma sur l'île de Saint-Martin, elle avait témoigné de la situation chaotique sur place et du tarif très élevé des billets d'avion entre Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et Paris. Air France, de son côté, affirme avoir mis en place une tarification spéciale plus abordable.

Une mère et son enfant attendent de quitter l\'île de Saint-Martin, le 10 septembre 2017.
Une mère et son enfant attendent de quitter l'île de Saint-Martin, le 10 septembre 2017. (MARTIN BUREAU / AFP)
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Hugo CaillouxfranceinfoFrance Télévisions

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Elle a enfin atterri à Paris, dimanche midi, après plusieurs jours d'angoisse. Audrey, une mère de famille qui était en vacances pour deux semaines sur l'île de Saint-Martin, était présente avec son mari et ses deux enfants, de 2 ans et 2 mois, lors du passage de l'ouragan Irma, dans la nuit de mardi à mercredi 6 septembre. Samedi, après avoir été évacuée en Guadeloupe, cette trader expatriée à Londres partageait sur Facebook son désarroi . "C'est un cauchemar", disait-elle dans son message, regrettant d'avoir dû payer près de 2 400 euros pour obtenir des billets entre Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et Paris pour elle et ses deux enfants.

"Aujourd'hui, je suis soulagée que toute ma famille soit en vie", réagit-elle auprès de franceinfo. Son témoignage apporte un éclairage sur la polémique sur la gestion par le gouvernement du passage de l'ouragan. "Sur le moment, j'ai posté ce message pour pousser un coup de gueule mais, avec le recul, je me rends compte qu'il y a des choses qui sont faites, mais que ça prend du temps", explique-t-elle. 

"J'ai vu des pillages à 20 mètres de moi"

Calfeutrée à dix dans une minuscule pièce de la maison de ses beaux-parents, dans le quartier de Cul-de-Sac, sur l'île de Saint-Martin, durant la nuit du passage de l'ouragan, Audrey devient, en quelques heures, une sinistrée. La ville est détruite à 95%, l'électricité et l'eau sont coupés. "J'ai vu des pillages à 20 mètres de moi. Certains sont restés pour protéger leur maison ou leur business, c'était le chaos. La police et les militaires auraient dû intervenir plus tôt", regrette-t-elle.

Comme de "très nombreuses familles", elle et son mari décident de se rendre à l'aéroport pour échapper à ce paysage de désolation, et mettre leurs enfants à l'abri. "Nous avons pu prendre le troisième vol après l'ouragan, affrété par Air Antilles vers la Guadeloupe". Les femmes et les enfants sont les seuls à pouvoir embarquer, sans autres bagages qu'un sac à dos, afin de pouvoir laisser un maximum de monde monter à bord. Elle ne prend avec elle que quatre couches, un change pour chaque enfant et ses papiers d'identité. Elle ne connaît personne en Guadeloupe.

Une militaire prend son fils des bras de son mari pour le lui donner, avant de décoller. Lundi, le père était toujours sur l'île. "Où est papa ?" demande depuis le petit garçon à sa mère. A Saint-Martin, la deuxième vague d'évacuation embarque les familles entières avec des enfants de moins de 10 ans. Seul, le père devra attendre.

"Chaque jour qui passe, la situation s'améliore"

"J'étais très inquiète en Guadeloupe. Quand j'ai appris qu'un deuxième ouragan arrivait, je me suis mise à pleurer avec mes enfants dans les bras et à me demander quoi faire." Elle trouve finalement un logement proposé par une Guadeloupéenne. "Maintenant, ça va mieux, j'ai eu mon mari au téléphone, tout va bien, il n'a pas été braqué, il a de l'eau et de la solidarité, les gens rassemblent la nourriture."

Selon les premiers bilans, dix morts et sept disparus sont à déplorer sur les îles françaises de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. Audrey relativise. "Cela n'a pas été une hécatombe, comme on a pu l'entendre au départ, lâche-t-elle. Les gens ont de l'eau et de la nourriture, cela a été distribué. Ce n'est pas si catastrophique que cela. Ce qu'il manque surtout, c'est de l'essence et des batteries afin de garder la nourriture et pour se rendre aux points de ravitaillement et d'évacuation." "Chaque jour qui passe, la situation s'améliore, positive-t-elle. Pour ceux qui attendent des nouvelles, il faut garder espoir, les communications sont coupées dans la plupart des endroits."

En congé maternité pour sa fille de deux mois, Audrey a finalement réussi à joindre Air France lundi. "Ils n'ont rien pu faire au téléphone mais se sont excusés pour le manque de mesures en place au moment où j'en avais besoin", explique-t-elle. La compagnie s'est dans un premier temps engagée à prendre en charge son voyage entre Paris et Londres. Lundi soir, Air France a annoncé que la famille serait remboursée et qu'elle pratiquerait le tarif rapatriement. Accusée d'avoir fait gonfler les prix de ses vols au départ des Antilles après le passage de l'ouragan, Air France s'était défendue dimanche, auprès de franceinfo, en affirmant avoir mis en place une tarification spéciale, à 300 euros en classe éco.