Ouragan Irma : les trois critiques qui visent le gouvernement dans sa gestion de la catastrophe

Les critiques de l'opposition sur la gestion en amont du passage d'Irma se sont amplifiées. Le gouvernement, lui, se défend de toute impréparation.

L\'armée française sécurise l\'aéroport de Saint-Martin après le passage de l\'ouragan Irma, le 10 septembre 2017.
L'armée française sécurise l'aéroport de Saint-Martin après le passage de l'ouragan Irma, le 10 septembre 2017. (MAXPPP)
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Y a-t-il eu défaillance de l'Etat dans la gestion des ouragans qui ont frappé les îles Saint-Martin et Saint Barthélemy ? La polémique enfle depuis dimanche 10 septembre, après les critiques répétées de leaders de l'opposition. Jean-Luc Mélenchon (FI) et Éric Ciotti (LR) ont notamment réclamé une commission d'enquête parlementaire. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a assuré, lundi, que le gouvernement acceptera "volontiers" cette commission. Franceinfo fait le point sur ces accusations et détaille les réponses du gouvernement. 

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1"Il y a un défaut d'anticipation"

Ce qui est reproché au gouvernement. "Il y a une défaillance de l’Etat à Saint-Martin et Saint Barthélemy, car le phénomène était attendu. Il y a aujourd’hui, on le constate, un défaut d’anticipation", a déclaré le député Les Républicains Eric Ciotti lors du "Grand Jury LCI-Le Figaro-RTL", pour qui "l'Etat n'assume pas son rôle"

L'ex-ministre socialiste des Outre-mer Victorin Lurel a également estimé que l'on "aurait pu évacuer avant" les îles. "Il faut plus de forces de sécurité, plus de moyens projetables dans les deux îles", a dit l'ancien président de la région Guadeloupe, en prenant modèle sur "ce qui a été fait dans la partie néerlandaise de l'île, avec des soldats, l'armée qui est dans tous les quartiers et qui contrôle".

Comment il se défend. "Nous, nous sommes pour l'évaluation, et donc nous acceptons volontiers une commission parlementaire", a assuré le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb dans les "4 vérités" sur France 2, lundi.

"On peut toujours faire plus, mais c'est une île. On ne peut pas, comme en Floride, organiser une évacuation, parce que ce n'est pas possible d'évacuer 80 000 personnes en 48 heures", a déclaré de son côté le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, lors du "Grand Rendez-vous d’Europe1/Les Echos/CNews". Il a accusé Eric Ciotti "d'instrumentaliser la souffrance".

Même argumentaire défendu, lundi, par la ministre des Outre-mer. "L'État a été la hauteur du défi. Oui, ce qui est arrivé à Saint-Martin n'est jamais arrivé ailleurs. Et oui, on est ici sur une île au bout du monde. Ce n'est pas la métropole, où on prend des voitures et on trouve des solutions", a-t-elle argué.

2Des insulaires "obligés d'organiser leur propre défense"

Ce qui est reproché au gouvernement. C'est Marine Le Pen qui a lancé la polémique lors de son discours de rentrée. La présidente du FN a dénoncé des moyens "tout à fait insuffisants" et dépeint des insulaires "obligés d'organiser leur propre défense" face aux pillages.

Comment il se défend. "Quand on arrive sur un territoire sinistré, qu'est-ce qu'on fait d'abord? On apporte de l'aide à celui qui est en train de mourir, à celui qui a besoin d'assistance ? Ou tout de suite, on bloque tout le territoire ?", s'est défendue la ministre des Outre-mer, Annick Girardin.

"Le nombre de forces déployées aujourd'hui sur Saint-Martin est considérable. Nous allons avoir sur place près de 2 000 personnes", s'est défendu, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. Le Premier ministre et le chef de l'Etat ont décidé, samedi, de doubler les effectifs des forces présentes sur place. 

3"Un manque de maturité de l'Etat"

Ce qui est reproché au gouvernement. "Pourquoi toutes ces mesures n'ont-elles pas été prises avant ?", s'est interrogé le député du Front national Gilbert Collard sur BFMTV. "Quand on a des pouvoirs d'Etat, on doit toujours aller au-delà du prévisible dans la catastrophe. Il y a un manque de maturité, un manque de sens du déploiement de l'Etat", a-t-il ajouté.

Comment se défend le gouvernement. Face à ce flot de critiques, la ministre des Outre-mer est montée au créneau. "Jamais je ne laisserai dire que les services de l'Etat, que les services de la collectivité territoriale n'auraient pas été à la hauteur. (...) Chacun ici a fait tout ce qu'il avait à faire", a martelé Annick Girardin lors d'une conférence de presse à Saint-Martin. "C'est la première fois qu'un cyclone est aussi important et frappe un de nos territoires français", s'est-elle justifiée.