"Depuis quand perdez-vous votre code bancaire ?" : le patron de la collectivité de Saint-Barthélemy justifie la reprise des vols payants

Après le passage de l'ouragan, les transferts en avion sont à nouveau payants à Saint-Barthélemy. Une obligation que n'apprécient pas certains sinistrés, mais que défend Bruno Magras, à la tête de la collectivité et d'une compagnie aérienne.  

Le quartier de Gustavia, à Saint-Barthélemy, touché par l\'ouragan Irma, ici le 7 septembre 2017.
Le quartier de Gustavia, à Saint-Barthélemy, touché par l'ouragan Irma, ici le 7 septembre 2017. (AFP / KEVIN BARRALLON / FACEBOOK)
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Jérôme JadotfranceinfoRadio France

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Jusqu’à mardi 12 septembre, les vols pour quitter Saint-Barthélemy, après l'ouragan Irma, étaient pris en charge par l’Etat. Ils coûtent désormais 100 euros sur la compagnie aérienne habituelle et même 220 euros sur celle fondée par Bruno Magras, également à la tête de la collectivité de Saint-Barthélemy. Une situation peu appréciée par certains habitants.

Les évacuations sont à présent payantes à Saint-Barthélemy - un reportage de Jérôme Jadot
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Sur le tarmac de l’aéroport, Emilie, les larmes aux yeux, dit au revoir à ses deux enfants de six et huit ans. Ils décollent pour Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.  Leur mère, enseignante, ne voulait pas les laisser sur l’île, sans école et sans les services de base. Elle souhaite les mettre à l'abri.

Je ne pensais être obligée de payer pour rapatrier des enfants. Ce n’est pas pour partir en vacances, c’est pour éviter des traumatismes. Nous n’avons ni eau, ni électricité.

Emilie, habitante de Saint Barthélemy

à franceinfo

Les vols sont à présent payants, ce que justifie le patron d'une des compagnies aériennes sur l'île, Bruno Magras, qui également à la tête de la collectivité de Saint-Barthélemy. "Ce n’est pas parce que je suis président de la collectivité qu’il faudrait que je crève de faim. Moi, je ne suis pas réquisitionné", explique-t-il, ajoutant qu'il a précédemment "ramené des gens gratuitement de Fort-de-France". "Je ne vais pas couler mon entreprise pour faire de l’humanitaire", tranche Bruno Magras, après avoir assuré la veille que l'île n'avait "pas besoin de l'Etat", pour se relever du passage d'Irma.

Le président Emmanuel Macron, en visite mercredi sur l’ile, n’y trouve rien à redire. "L’Etat a organisé les choses au moment où il devait les organiser. Après, qu’il y ait eu une activité économique dans l’île avec des compagnies qui ont pu monétiser ces trajets, il ne m’appartient pas d’en connaître", a déclaré le chef de l'Etat.

Sur l’île voisine de Saint-Martin, plus durement touchée par les ravages de l’ouragan et socialement plus défavorisée, c’est encore l’Etat qui réquisitionne les avions pour les évacuations.