Réchauffement climatique : il n'y a jamais eu autant de CO2 dans l'atmosphère, selon l'ONU

Selon l'Organisation météorologique mondiale, cette "montée en flèche" du niveau de CO2 est due à "la conjonction des activités humaines et d'un puissant épisode El Niño".

Le quartier de La Défense, à Paris, pris dans un nuage de pollution, le 14 octobre 2017. 
Le quartier de La Défense, à Paris, pris dans un nuage de pollution, le 14 octobre 2017.  (OLIVIER MORIN / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère, responsables du réchauffement climatique, ont atteint un niveau record en 2016, annonce lundi 30 octobre, l'Organisation météorologique mondiale (OMM).  

"La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c'était il y a 3 à 5 millions d'années : la température était de 2 à 3°C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel", rappelle l'OMM dans son bulletin annuel sur les gaz à effet de serre.

Vers "une hausse dangereuse de la température d'ici à la fin du siècle"

Selon l'OMM, cette "montée en flèche" du niveau de CO2 est due à "la conjonction des activités humaines et d'un puissant épisode El Niño", phénomène climatique qui apparaît tous les quatre ou cinq ans et se traduit par une hausse de la température de l'océan Pacifique, ce qui provoque des sécheresses et de fortes précipitations. "Alors qu'elle était de 400 parties par million (ppm) en 2015, la teneur de l'atmosphère en dioxyde de carbone (...) a atteint 403,3 ppm en 2016" et "représente désormais 145% de ce qu'elle était à l'époque pré-industrielle [avant 1750]", précise le rapport rendu public à Genève (Suisse), siège de l'OMM.

Les chercheurs se basent sur les carottes de glace pour déterminer les variations de la teneur en CO2 dans l'atmosphère au cours du temps. "Si l'on ne réduit pas rapidement les émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2, nous allons au-devant d'une hausse dangereuse de la température d'ici à la fin du siècle, bien au-delà de la cible fixée dans l'accord de Paris sur le climat, avertit le secrétaire général de l'OMM, le Finlandais Petteri Taalas. Les générations à venir hériteront d'une planète nettement moins hospitalière."

"Il faut renverser la tendance"

Depuis l'ère industrielle, soit depuis 1750, la croissance démographique, la pratique d'une agriculture de plus en plus intensive, une plus grande utilisation des terres, la déforestation, l'industrialisation et l'exploitation des combustibles fossiles à des fins énergétiques provoquent une augmentation de la teneur atmosphérique en gaz à effet de serre, dont le principal est le CO2

"Le CO2 persiste dans l'atmosphère pendant des siècles et dans l'océan, encore plus longtemps. Selon les lois de la physique, la température sera nettement plus élevée et les phénomènes climatiques plus extrêmes à l'avenir. Or, nous n'avons pas de baguette magique pour faire disparaître cet excédent de CO2 atmosphérique", souligne Petteri Taalas. Pour Erik Solheim, chef de l'agence ONU-Environnement, "le temps presse". Et il ajoute : "Les chiffres ne mentent pas. Nos émissions continuent d'être trop élevées et il faut renverser la tendance (...) Nous disposons déjà de nombreuses solutions pour faire face à ce défi. Il ne manque que la volonté politique."