Projet "Ice Memory" : des scientifiques français vont prélever des échantillons de glace en Bolivie pour les "générations futures"

Dans le cadre du projet "Ice Memory", des scientifiques français vont effectuer des prélèvements sur un glacier des Andes, en Bolivie, afin de les analyser mais aussi pour conserver une trace de l'histoire de notre climat. 

Les Andes, en Bolivie, en mai 2013. (Photo d\'illustration)
Les Andes, en Bolivie, en mai 2013. (Photo d'illustration) (AIZAR RALDES / AFP)
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Des scientifiques français vont effectuer trois prélèvements sur un glacier en Bolivie, à 6 300 mètres d'altitude. L'une de ces carottes sera acheminée en France pour être analysée, tandis que deux autres seront conservées en Antarctique pour les générations futures. Patrick Ginot, glaciologue, est l'un des porteurs de ce projet baptisé "Ice Memory" lancé par l'Unesco. Sur franceinfo dimanche 7 mai, il explique que le site de l'Illimani, dans les Andes, où vont être effectués les prélèvements "a enregistré 18 000 ans d'histoire de notre climat".

franceinfo : Quel est le but de l'opération ?

Patrick Ginot : Le but de l'opération est double : tout d'abord extraire trois carottes de glace. Une première qui va nous servir à appliquer toutes nos techniques analytiques d'aujourd'hui et extraire le maximum d'informations de ces échantillons. Le deuxième objectif est de stocker d'autres échantillons en Antarctique pour les générations futures. L'interêt étant de pouvoir extraire des informations supplémentaires dans le futur, le jour où de nouvelles techniques seront disponibles.

Quelles informations peut-on obtenir à partir de ces carottes de glace ?

On va pouvoir extraire des informations sur notre climat : la température des siècles ou des millénaires passés par exemple, parce que ce site de l'Illimani, en Bolivie, a enregistré 18 000 ans d'histoire de notre climat. On va aussi pouvoir analyser des particules, des aérosols, qui sont préservés dans les différentes strates de glace. Ces aérosols vont nous renseigner sur la pollution qui est émise dans la région andine ainsi que sur les cycles météorologiques et climatiques.

Pourquoi allez-vous stocker deux de ces carottes en Antarctique ?

Parce que l'Antarctique représente pour nous le meilleur congélateur au monde. On a une température constante de - 50°C. On n'a pas besoin d'énergie pour maintenir ces échantillons à long terme, sur plusieurs décennies. C'est une terre de science, de paix, où l'on peut se reposer sur une conservation à long terme.

Pourquoi ces informations peuvent-elles être importantes pour les générations futures ?

Aujourd'hui, on sait extraire déjà beaucoup d'informations, mais on sait aussi que dans l'avenir ces techniques vont évoluer. On va pouvoir apprendre beaucoup plus de choses à partir de ces échantillons. Le problème est que, dans les Andes ou les Alpes, leur qualité d'origine va se perdre en cas de fusion des glaciers. Notre objectif est donc de garder ces échantillons dans un grand congélateur pour les rendre disponibles aux générations futures.

Projet "Ice Memory" en Bolivie : conserver des échantillons de glace pour les "générations futures", explique le glaciologue Patrick Ginot
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