Climat : "On aura des étés de plus en plus chauds, surtout si rien n'est fait contre le réchauffement"

Le climatologue Jean Jouzel a prévenu vendredi sur franceinfo : "On pourrait avoir des étés 6 à 8 degrés plus chauds qu'en 2003", été caniculaire, dans les prochaines années. En cause notamment selon lui : le réchauffement climatique. 

Un agriculteur fait face à l\'aridité de ses terres à Aceh en Indonésie, le 22 juillet 2017. Une sécheresse a empêché le riz de pousser dans cette région.
Un agriculteur fait face à l'aridité de ses terres à Aceh en Indonésie, le 22 juillet 2017. Une sécheresse a empêché le riz de pousser dans cette région. (JUNAIDI HANAFIAH / ANADOLU AGENCY)
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L'été 2017 a été le deuxième été le plus chaud en France depuis 1900, avec une température supérieure de 1,5°C en moyenne, a annoncé Météo France. "On aura des étés de plus en plus chauds surtout si rien n'est fait contre le réchauffement climatique", a réagi sur franceinfo, vendredi 1 septembre, Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). 

franceinfo : les étés très chauds se rapprochent, il y a eu 2003, 2006, 2015 et 2017, quelle analyse faites-vous de cette situation ?

Jean Jouzel : On aura des étés de plus en plus chauds, surtout si rien n'est fait contre le réchauffement climatique. Météo France a publié une étude cet été qui montre qu'on pourrait avoir des températures records à la fin du siècle, de l'ordre de 50 à 55 degrés. Si rien n'est fait, on pourrait avoir des étés 6 à 8 degrés plus chauds qu'en 2003. C'est une des conséquences du réchauffement climatique.

Quelles sont les conséquences de ces pics de températures pour les êtres humains ?

Ça pourrait être des conséquences sur la santé. En Europe, seulement 5% de la population fait face aux canicules actuellement. Les deux tiers de la population pourraient y faire face dans un contexte de réchauffement climatique dans la deuxième partie du XXIème siècle. Certaines régions comme l'Asie du Sud-Est pourraient connaître une mortalité supplémentaire avec la combinaison de l'humidité et de la sécheresse. Il y a des endroits où l'on ne pourrait plus aller dehors, plus avoir d'activités extérieures à cause des températures élevées, comme en Asie, au Moyen-Orient, des régions où il fait déjà très chaud où les températures excèdent déjà les 50 degrés.

Du côté de la Méditerranée, on a eu une quasi absence de pluie, un déficit record sur la Corse. Est-ce une particularité de l'été 2016 ?

Il y a eu 10 % de précipitations en moins dans certaines régions. Nous allons vers des étés en moyenne plus secs. Ça aussi, c'est une caractéristique des 10, 15 dernières années. Le réchauffement climatique peut avoir comme conséquence des étés plus chauds et plus secs sur le pourtour méditerranéen. Et quand ça se combine, ça peut faciliter la propagation des feux : c'est ce qui s'est passé au Portugal au mois de juin, en France aussi. C'est une des conséquences de cet été caniculaire dans le sud de la France.