Antarctique : le projet de sanctuaire marin tombe encore à l'eau

Les différents pays réunis en sommet en Australie, samedi, n'ont toujours pas réussi à se mettre d'accord. Les premières discussions remontent pourtant à 2009.

Photographie aérienne d\'un iceberg dans l\'Antarctique, le 1er mars 2014.
Photographie aérienne d'un iceberg dans l'Antarctique, le 1er mars 2014. (ZHANG JIANSONG / CHINE NOUV / SIPA / XINHUA)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Ce ne sera pas encore pour cette fois. Un projet de vaste sanctuaire marin dans l'est de l'océan Antarctique était à l'ordre du jour, samedi 28 octobre, à Hobart en Tasmanie. Présenté par l’Australie et la France, il prévoyait la création d’une aire protégée sur une surface d’environ un million de km2. Mais les discussions n'ont pas abouti. Les 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique, dont fait partie l'Union européenne, ne sont pas tombés d'accord à l'occasion de leur sommet annuel.

En 2016, lors du dernier sommet, un consensus avait été trouvé pour la création du plus grand sanctuaire marin au monde en mer de Ross, une baie profonde de l'océan Antarctique bordant le continent Antarctique. A l'époque, ce projet présenté par la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis concernait une zone de plus de 1,55 million de km2. Soit une aire plus vaste que la France, l'Italie, le Benelux, l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche réunis.

Les blocages de Pékin et Moscou

Des responsables ont déclaré à l'AFP que la Russie et la Chine avaient notamment fait obstacle à son adoption en raison de leurs préoccupations concernant les droits de pêche dans le secteur concerné. Le responsable du programme Antarctique du Fonds mondial pour la nature (WWF), Chris Johnson, regrette une nouvelle opportunité manquée. Et l'association Greenpeace souhaite "plus de vision et d'ambition" pour l'année prochaine.

Le projet de créer une Aire maritime protégée (AMP) dans l’océan Antarctique remonte à 2009. Mais les négociations en vue de sa création sont laborieuses. Notamment en raison des blocages de Pékin et Moscou. Une alternative, avancée par l'Allemagne, est également en discussion. Elle porte sur la mer de Weddell, qui s'étend à partir du sud-est de l'Amérique du Sud sur environ 2,8 millions de km2. Un autre projet, emmené par l'Argentine et le Chili, s'étend lui sur près de 100 000 km2.

L'océan Antarctique, qui représente 15% de la surface des océans, abrite des écosystèmes exceptionnels, riches de plus de 10 000 espèces uniques. Ils sont en bonne partie préservés des activités humaines mais ils restent menacées par le développement de la pêche et de la navigation.