Le président du CNT, Moustafa Abdel Djalil (à droite) serre la main de Mahmoud Jibril, Premier ministre libyen pendant la guerre, après la passation de pouvoir à l'Assemblée, le 8 août 2012 à Tripoli (Libye).
Le président du CNT, Moustafa Abdel Djalil (à droite) serre la main de Mahmoud Jibril, Premier ministre libyen pendant la guerre, après la passation de pouvoir à l'Assemblée, le 8 août 2012 à Tripoli (Libye). (ESAM AL-FETORI / REUTERS)

AFRIQUE - C'est la première transmission non violente du pouvoir dans l'histoire moderne de la Libye, mais qui se déroule dans un contexte tendu. La nouvelle Assemblée, élue en juillet, a pris officiellement ses fonctions mercredi 8 août dans la soirée en Libye. Le Conseil national de transition (CNT), bras politique des forces de l'opposition qui ont renversé Mouammar Kadhafi il y a un an, a remis les pouvoirs au doyen des 200 membres du Congrès général national (CGN), lors d'une cérémonie organisée tard dans la soirée à Tripoli, la capitale.

( APTN)

"Le Conseil national de transition remet les pouvoirs constitutionnels pour diriger l'Etat au Congrès national général, qui, à partir de maintenant, est le seul représentant légitime du peuple libyen", a déclaré Moustafa Abdel Djalil, président du CNT sous les vivats. Une foule importante s'était rassemblée sur la place des Martyrs de Tripoli pour célébrer cette passation de pouvoir historique alors que des feux d'artifice illuminaient la nuit. 

Nouveau gouvernement et nouvelle constitution

Les 200 élus, qui ont prêté serment, doivent désormais nommer un nouveau Premier ministre qui sera chargé de constituer un gouvernement. Ils conduiront aussi la Libye vers de nouvelles élections législatives, après avoir rédigé une nouvelle constitution. De son côté, le CNT s'apprête à être dissous. 

Mais la tâche de la nouvelle Assemblée s'annonce ardue. L'Alliance des forces nationales (AFN, libéral) de Mahmoud Djibril, qui a remporté 39 des 80 sièges réservés aux partis politiques, et le Parti de la justice (les Frères musulmans) vont en effet devoir nouer des alliances avec les indépendants et les petits partis. Certains indépendants, méfiants envers les deux principaux partis, ont d'ores et déjà évoqué la possibilité de former leur propre coalition.