Les fichiers attribués à l'Etat islamique contiennent-ils des informations sur les jihadistes français ?

Plusieurs médias allemands ont eu accès à ces documents dévoilés par la chaîne de télévision britannique Sky News jeudi 10 mars. Seize jihadistes français y sont recensés.

Fleurs, cartes et messages ont été déposés en face de la salle de concert du Bataclan le 13 novembre 2015, à Paris.
Fleurs, cartes et messages ont été déposés en face de la salle de concert du Bataclan le 13 novembre 2015, à Paris. (CHRISTIAN CHARISIUS / DPA)

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Les fichiers attribués à l'Etat islamique et dévoilés jeudi par Sky News commencent à parler. Plusieurs médias allemands ont eu accès à ces formulaires qui auraient été remplis par les candidats au jihad à leur arrivée en Syrie ou en Irak. En France, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, appelle à la "prudence" tant que ces informations ne sont pas authentifiées.

Qu'est-ce que ces fichiers révèlent, selon les médias allemands, de l'engagement de Français aux côtés de l'Etat islamique ?

Trois assaillants français du Bataclan y figurent

Les noms de trois des auteurs des attentats du 13 novembre 2015 à Paris figurent sur les listes des combattants du groupe Etat islamique, selon le quotidien Süddeutsche Zeitung et les chaînes de télévision publiques NDR et WDR. Il s'agit de Samy Amimour, de Foued Mohammed Aggad et d'Omar Mostefaï, les trois assaillants français du Bataclan. Ils ont tué 90 personnes dans cette salle de spectacles parisienne.

Le nom d'Abdelhamid Abaaoud, considéré comme l'un des principaux organisateurs des attaques ayant fait 130 morts au total, apparaît aussi sur ces documents, mais seulement en tant que "garant" pour l'entrée en Syrie d'un autre jihadiste français, dont l'identité n'est pas précisée.

Les fiches de 16 jihadistes français sont recensées

Au total, la presse allemande mentionne les fiches de 16 jihadistes français, dont les trois membres du commando du Bataclan. Foued Mohammed Aggad a rejoint les rangs de l'Etat islamique au sein d'un "important groupe de jihadistes français" entré le 18 décembre 2013 en Syrie, selon les fiches en possession du Süddeutsche Zeitung.

"Ce jour-là, au moins 14 hommes et leurs familles ont traversé avec le même passeur et avec la caution d'un jihadiste d'origine marocaine la frontière turco-syrienne", écrit le journal. "Tous voulaient devenir des combattants de l'Etat islamique", poursuit-il.

Un Mulhousien volontaire pour un attentat suicide

Parmi les 122 fiches de combattants qui se sont dits prêts, dans les formulaires parvenus aux médias occidentaux, à mourir dans un attentat suicide "pourrait figurer un Français qui habiterait Mulhouse", affirme L'Express.

Le véritable nom de la recrue n'est pas indiqué. Il est remplacé par un "nom de guerre", le pseudonyme que prennent les combattants, précise l'hebdomadaire.