Le ministre de la Défense ordonne une "enquête de commandement" après le suicide d'un élève-officier de Saint-Cyr

Il avait le grade de sous-lieutenant, était en troisième et dernière année à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr à Coëtquidan, sur la commune de Guer (Morbihan).

Les honneurs militaires ont été rendus à l'élève-officier, le 8 mars 2016 à Haguenau (Bas-Rhin).
Les honneurs militaires ont été rendus à l'élève-officier, le 8 mars 2016 à Haguenau (Bas-Rhin). (MAXPPP)

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Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a ordonné, mercredi 9 mars, une "enquête de commandement" pour éclaircir les circonstances du suicide d'un élève-officier de l'école militaire de Saint-Cyr, survenu en février au camp militaire de La Courtine (Creuse). Il avait le grade de sous-lieutenant, était en troisième et dernière année à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr à Coëtquidan, sur la commune de Guer (Morbihan).

Cette enquête sera menée par des généraux cinq étoiles, les plus hauts gradés de la hiérarchie militaire, qui rendront compte directement au ministre. Elle a pour but de déterminer d'éventuels dysfonctionnements et de trouver les moyens d'y remédier.

Une enquête requalifiée en "provocation au suicide"

Cette enquête est distincte de l'enquête judiciaire, qui vient d'être requalifiée en "provocation au suicide" par le parquet de Guéret. "Le suicide ne fait matériellement pas de doute", a indiqué le procureur de la République, mais "l'enquête a évolué car les motivations sont curieuses".

Le jeune homme, âgé de 22 ans, a été retrouvé sans vie avec son arme dans le bâtiment de logement du camp militaire. La thèse du suicide a d'emblée été privilégiée. De fait, l'élève-officier avait annoncé, trois jours auparavant, la mort de son père. Il paraissait très affecté.

"Mon fils n'a pas pu faire ça"

Or, le père du jeune homme, domicilié au Cameroun, "n'est pas mort", a indiqué le procureur, confirmant une information du quotidien régional Les Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA). La mère du militaire réside à Haguenau (Bas-Rhin). "On m'a affirmé que c’était moi-même qui avais annoncé le décès de mon ex-mari à mon fils !", a-t-elle déclaré le 9 mars aux DNA.

"Je me suis dit immédiatement que mon fils n'avait pas pu faire ça. Sa scolarité se passait bien, il allait être diplômé ingénieur et il avait plein de projets. Tout allait bien pour lui, il avait une petite amie, il n'était pas déprimé", ajoute-t-elle. Elle veut en savoir plus, mais les informations qu'elle a réussi péniblement à obtenir sont floues, voire contradictoires.

De son côté, son ex-mari a aussi tenté d'en savoir plus. La blessure à la tête de son fils l'a laissé circonspect. "Pourquoi aucune étude balistique n'a été menée ?" s'est interrogé dans les DNA l'ancien militaire, qui connaît le maniement des armes à feu. Les parents ont porté plainte et sont représentés par un avocat pour comprendre les circonstances du drame.