Yahoo! se défend d'espionner les courriels de ses clients

Selon l'agence Reuters, le groupe aurait construit un programme sur mesure en 2015 qui scannait tous les courriels pour aider le FBI. 

Le siège de Yahoo! à Sunnyvale, en Californie (Etats-Unis). 
Le siège de Yahoo! à Sunnyvale, en Californie (Etats-Unis).  (JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
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Yahoo! s'est défendu, mercredi 5 octobre, de se livrer à une surveillance généralisée des courriels des utilisateurs de sa messagerie. Selon l'agence Reuters, qui cite comme sources d'ex-salariés de Yahoo!, le groupe aurait construit un programme sur mesure en 2015 qui scannait tous les courriels pour aider les services de renseignement et la police fédérale (FBI) américains.

Un article "trompeur", selon Yahoo!. "Nous interprétons de manière restrictive chaque demande du gouvernement pour obtenir des données d'utilisateurs, afin de minimiser les divulgations", écrit le groupe dans un communiqué. "Le scannage de courriels décrit dans l'article n'existe pas dans nos systèmes", ajoute-t-il.

Dans une première réaction mardi, Yahoo! s'était contenté d'indiquer qu'il était "une entreprise qui respecte la loi et se conforme aux lois des Etats-Unis".

La loi sur la surveillance extérieure "Fisa"

"Nous ne discutons pas des techniques spécifiques que la communauté du renseignement utilise pour collecter des renseignements étrangers", a réagi pour sa part mercredi la direction nationale du renseignement américain (ODNI) dans un communiqué. Elle rappelle que la loi sur la surveillance extérieure "Fisa" permet seulement une surveillance "étroitement concentrée sur des cibles étrangères spécifiques et n'impliquant pas de collecte de masse ou l'utilisation de mots ou phrases clés", et que les Etats-Unis n'interceptent des communications que "pour des raisons de sécurité nationale, et pas pour examiner sans discrimination les courriels ou les appels téléphoniques des gens ordinaires".

Les informations de Reuters ont été décrites par certains militants des droits civiques comme une "bombe" susceptible de dévoiler un nouveau niveau de surveillance par la NSA, après l'espionnage généralisé d'internet déjà révélé en 2013 par Edward Snowden