Ce que l'on sait d'"Evacuation Squad", le mystérieux collectif qui revendique les fausses alertes dans les lycées

Depuis fin janvier, plusieurs lycées parisiens et lyonnais ont reçu des menaces par téléphone, les poussant parfois à évacuer leurs élèves.

Evacuation suite à une alerte à la bombe au Lycée Condorcet à Paris, le 28 janvier 2016.
Evacuation suite à une alerte à la bombe au Lycée Condorcet à Paris, le 28 janvier 2016. (OLIVIER CORSAN / MAXPPP)
avatar
France Télévisions

Mis à jour le
publié le

Depuis quelques jours, des alertes à la bombe menacent les lycées. En France, au Royaume-Uni, en Italie, en Australie, au Japon ou encore aux Etats-Unis, les appels anonymes se multiplient. Neuf parisiens et lyonnais ont été visés par ces menaces, lundi 1er février. "Vous allez tous mourir", aurait déclaré la personne au bout du fil.

De faux appels revendiqués par le collectif "Evacuation Squad", d'après la version australienne du site Mashable (en anglais). Le groupe aurait en effet avoué à une journaliste, par mail, qu'il était "responsable des menaces de lundi". Le collectif a même promis d'autres coups de fil dans les prochains jours.

En France, une enquête pour "menaces de destruction" a été confiée à la sûreté territoriale de Paris, comme l'explique L'Obs. Mais que sait-on sur ce groupe qui revendique ces fausses alertes ? Francetv info vous explique tout.

Six personnes se cacheraient derrière le groupe

Supprimé depuis, le compte Twitter supposé du groupe, @Ev4cuati0nSquad, annonçait : "Nous sommes six individus basés à l'international." Six individus prêts à agir partout. Le compte se proposait de lancer des alertes pour faire "sauter les cours" et "distraire la police d'un crime que vous allez commettre", d'après L'Obs. @Ev4cuati0nSquad, dont la photo de profil était un portrait du président russe Vladimir Poutine, donnait en outre une adresse mail russe, destinée à recevoir les commandes d'alertes.

Ils veulent "s'amuser" et "semer le désordre"

Dans un courriel adressé à Mashable, un responsable du groupe utilisant le nom de Viktor Olyavich a détaillé les motivations de son collectif. "Nous faisons ça parce que nous trouvons ça amusant", a-t-il expliqué. Dans un message posté le 26 janvier sur le site de partage anonyme Pastebin, le collectif indiquait également qu'il détestait "le gouvernement américain. Nous détestons l'autorité et nous ADORONS semer le désordre", est-il écrit. 

 Dans un communiqué, la police australienne déclare, elle, ne pas s'alarmer. "Ces menaces ont tout l'air de canulars destinés à provoquer du désordre et du désagrément, détaille le communiqué, relayé par Mashable. Elles ont l'air de provenir de l'étranger et ne semblent pas pouvoir être mises à exécution ici."

Les appels sont passés via un compte Skype volé

Le collectif "Evacuation Squad" appellerait les lycées via un compte VoIP (Voix sur IP) dont il aurait volé les accès, d'après Viktor Olyavich. Cette méthode, utilisée notamment par le logiciel Skype, permet de communiquer vocalement via le réseau internet. Le responsable annonce que, grâce à ce système, "Evacuation Squad" va continuer d'émettre des alertes à la bombe, ne se souciant "pas des conséquences, [leurs] lanceurs d'alertes étant basés en Russie et en Iran".

Le groupe veut faire payer ses alertes à la bombe

Si la demande d'alerte est aujourd'hui gratuite, le collectif annonce que ce "service" ne le restera pas. "Jusqu'à mars, vous pourrez envoyer vos demandes pour des alertes à la bombe dans vos écoles, lieux de travail..., explique "Evacuation Squad". Mais après le 1er mars, nous accepterons les Bitcoin comme paiement."  Viktor Olyavich entend monnayer ses menaces cinq dollars pour une école ou un commerce, dix pour un palais de justice ou une académie scolaire, 20 pour un salon ou un évènement sportif mineur et enfin 50 pour les principaux évènements sportifs. "Tout ce qui n'est pas mentionné est négociable", explique le collectif dans un message posté sur Pastebin.