L'Allemagne soupçonne Facebook d'abuser de sa position dominante

L'Office fédéral des cartels veut étudier si les utilisateurs sont suffisamment informés de la nature et de la qualité des données collectées par le réseau social.

Le logo de Facebook à Berlin (Allemagne), le 25 février 2016.
Le logo de Facebook à Berlin (Allemagne), le 25 février 2016. (KAY NIETFELD / DPA / AFP)

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L'autorité de la concurrence allemande ouvre une enquête contre Facebook. Elle soupçonne le réseau social d'abus de position dominante et d'infraction aux lois protégeant les données personnelles. "Il est essentiel d'étudier (...), du point de vue de l'abus éventuel de position dominante, si les consommateurs sont suffisamment informés de la nature et de la quantité de données collectées", précise le président de l'Office fédéral des cartels, dans un communiqué (en allemand).

En effet, Facebook réalise l'essentiel de son chiffre d'affaires en vendant de la publicité ciblée, grâce aux données collectées sur les utilisateurs : "amis", opinions, activités évoquées dans leurs publications… En 2015, ces données ont rapporté près de 18 milliards de dollars à l'entreprise (soit 16,6 milliards d'euros). Mais les pratiques du réseau social sont vivement critiquées en Allemagne, un pays très attaché au respect de la vie privée.

"Nous sommes certains de respecter la loi"

En visite à Berlin, la semaine précédente, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, n'a pas daigné évoquer ce sujet en public. Mais après l'ouverture de cette enquête, cette fois, un porte-parole a déclaré que Facebook était "certain de respecter la loi. Nous sommes impatients de coopérer avec l'Office fédéral des cartels pour répondre à ses questions."

L'Allemagne est loin d'être le seul pays dans lequel Facebook est exposé à des sanctions, en raison de ses pratiques en matière de concurrence et de respect de la vie privée de ses utilisateurs. En France, le mois dernier, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) l'a mis en demeure d'arrêter de suivre les internautes ayant visité ses pages sans être enregistrés. Une demande similaire a été formulée par la Belgique.