Corruption, harcèlement sexuel, espionnage… Six dossiers qui plombent Uber

L'entreprise américaine de transport avec chauffeur Uber se retrouve visée par une enquête pour corruption. L'entreprise est déjà au cœur de nombreux scandales. 

Une photo de l\'application Uber sur un iPhone, le 16 mars 2017.
Une photo de l'application Uber sur un iPhone, le 16 mars 2017. (JAAP ARRIENS / NURPHOTO)
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Licia MeysenqFrance Télévisions

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L'entreprise américaine Uber, leader du transport avec chauffeur, se retrouve visée par une enquête pour corruption. Cette information, révélée le 29 août, intervient au moment où un nouveau PDG doit être nommé à sa tête. Franceinfo recense les six dossiers qui plombent la firme. 

Des soupçons de corruption 

L'entreprise aurait-elle corrompu des officiels étrangers pour promouvoir ses intérêts ? Le ministère américain de la Justice a ouvert une enquête préliminaire le 29 août pour déterminer l'implication de la firme, indique le Wall Street Journal (en anglais). 

Une information confirmée par la société, qui a indiqué coopérer avec la justice sur de possibles violations du Foreign Corrupt Practices Act, mais sans donner plus de détails. Cette loi interdit "à certaines catégories de personnes et entités de payer des responsables officiels étrangers dans le but de faciliter l’obtention ou le maintien d’intérêts commerciaux".

La démission de Travis Kalanick, patron controversé 

En juin dernier, le PDG et fondateur d'Uber, Travis Kalanick, annonçait sa démission. Un départ "forcé", selon des informations du New York Times. Le journal rapporte que cinq gros investisseurs d'Uber avaient exigé le départ du dirigeant, dans un courrier adressé à son attention et intitulé "Faire avancer Uber". Son successeur, Dara Khosrowshahi, a été nommé officiellement le 30 août après des mois de tractations. 

Il aura pour mission de faire oublier la personnalité controversée de Travis Kalanick. L'homme a, par exemple, fait les frais d'une vidéo révélée le 28 février par le site Bloomberg, où on le voit se disputer violemment avec un des chauffeurs de la société

Dans cette séquence filmée à son insu, alors que le conducteur lui reproche la mauvaise gestion de l'entreprise, il rétorque : "Certaines personnes ne prennent pas leurs responsabilités quand ils font de la merde. Ils rejettent la faute de tout ce qui leur arrive dans la vie sur quelqu'un d'autre." Même si, selon le HuffPost, il s'est fendu d'un mail d'excuses, cette altercation restera dans les mémoires. 

Des pertes records

Selon l'AFP, le groupe est en difficulté financière : il a perdu plus de 600 millions de dollars au deuxième trimestre de l'année 2017. "Uber a multiplié les levées de fonds pour financer son développement international, sans gagner un centime. L'entreprise a perdu près de trois milliards l'an dernier", rapporte le journal Les Echos

Plusieurs pratiques d'espionnage

L'entreprise a été épinglée plusieurs fois pour avoir utilisé des logiciels d'espionnage. Le site américain The Information révélait en avril que Uber espionnait les chauffeurs d'une application concurrente, Lyft, à l'aide d'un logiciel baptisé Hell ("Enfer"). Le New York Times (en anglais) révélait de son côté qu'une autre application, Greyball, permettait aux chauffeurs "d'échapper aux forces de l’ordre chargées de les prendre en flagrant délit dans des villes où l’activité du service de VTC est interdite ou limitée", explique le Journal du geek.

Une enquête, publiée le 13 décembre 2016 par le Center for Investigative Reporting (CIR) évoquait l'existence d'un mode "God View" (le mode "Dieu"), permettant aux employés d'avoir accès en temps réel à toutes les données personnelles d'un utilisateur ayant utilisé l'application, qu'il s'agisse de son adresse personnelle ou l'heure de ses déplacements. D'après le CIR, les employés en auraient profité pour espionner leurs exs, des politiques ou encore des stars comme la chanteuse Beyoncé. 

Des affaires de harcèlement sexuel

Uber est également sous le coup d'une enquête pour harcèlement sexuel. En février, Susan Fowler, une ancienne salariée, a dénoncé les comportements sexistes et inappropriés de certains collègues, ainsi que le laissez-faire de sa hiérarchie. Dans un billet de blog, elle raconte le mépris avec lequel elle a été traitée après une plainte déposée aux ressources humaines à l'égard d'un supérieur qui la harcelait. “La direction m’a dit qu’il était ‘extrêmement performant’ (…) et qu’elle ne serait pas à l’aise avec le fait de le punir pour ce qui était probablement une erreur innocente de sa part”, écrit-elle.

A la suite de cette publication, l'entreprise a diligenté une enquête en interne : celle-ci a permis d'enregistrer 215 plaintes, relaient Les Inrocks. Quarante-sept concernaient des affaires de harcèlement sexuel et 54 étaient relatives à des cas de discrimination.