Fakes, hoaxes et campagnes de pub : retour sur six supercheries qui ont trompé internet en 2015

De la fausse générosité de Mark Zuckerberg à un article du "New York Times" qui n'en était en fait pas un, francetv info fait le point sur six histoires fausses qui ont trompé des milliers d'internautes en 2015. 

Des masques du baron de la drogue Joaquin Guzman dans une fabrique de costumes à Jiutepec, au Mexique, en octobre 2015. 
Des masques du baron de la drogue Joaquin Guzman dans une fabrique de costumes à Jiutepec, au Mexique, en octobre 2015.  (RONALDO SCHEMIDT / AFP)

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Ils sont légion sur internet, mais certains marquent les esprits plus que d'autres. Les fakes (faux), hoaxes (canulars) ou supercheries contribuent à faire d'internet un endroit de savoir, certes, mais également un lieu où beaucoup peut encore être sujet au doute. Entre les coups marketings déguisés, les fausses histoires et les vrais pièges, retour sur six hoaxes de l'année 2015, que certains avaient ou non vu venir. 

Couper les ponts, littéralement

Tout partager en deux. Tout, jusqu'à la voiture et la télévision. Dans une vidéo postée en juin, un Allemand entreprend de scier minutieusement un smartphone, un lit et même une voiture. La raison de ce massacre ? L'homme souhaite se venger de son ex-femme, en mettant en vente sur eBay les moitiés d'objets revenant de droit à celle qui l'a éconduit. Sauf que rien de tout cela n'est vrai. Si la voiture a bel et bien été coupée en deux, la vidéo n'est qu'un coup marketing rondement mené par une association allemande d'avocats. Le but : montrer qu'en cas de divorce, le recours au droit reste la plus saine des vengeances. Mission accomplie. 

Mark Zuckerberg généreux... mais pas trop 

(Rihanna/Def Jam)

Sur Facebook, les fakes ont une place de choix. Il faudrait copier un message pour garantir la confidentialité de ses données ou se prémunir d'un accès payant au réseau social... Tous les moyens sont bons pour y susciter une panique toute relative. Le dernier en date a toutefois fait preuve d'un peu plus de créativité. Fin décembre, un message circulant sur la plateforme de Mark Zuckerbeg affirmait que le créateur de Facebook avait l'intention de donner 4,5 millions de dollars de sa fortune personnelle à 1000 utilisateurs de Facebook, pour exprimer sa gratitude (lien en anglais).

Pour avoir accès à une partie du pactole, la procédure serait une nouvelle fois très simple : partager un simple message sur son mur Facebook. Démenti par Facebook, cette fausse bonne nouvelle trouve ses origines dans l'annonce faite par Zuckerberg après la naissance de sa fille au début du mois de décembre : le jeune milliardaire a, avec sa femme Priscilla Chan, l'intention de faire don de 45 millions de dollars à des oeuvres de charité

Ceci n'est pas un article du "New York Times"

"La France incarne tout ce que les fanatiques religieux haïssent : la jouissance de la vie sur terre." Au lendemain des attentats parisiens du 13 novembre, cette déclaration d'amour au style de vie français fait grand bruit. Sur Twitter, les internautes partagent ce qu'ils croient être un extrait d'un article du New York Times, un court texte qui vante les mérites de notre culture, de son amour pour le bon café et les croissants au beurre, et de son goût pour "les femmes en robes courtes". Mais comme l'explique le site BuzzFeed, il est impossible de trouver sur le site une trace dudit article. C'est parce qu'il n'existe pas. Il s'agit en fait d'un message posté en commentaire d'un article du journal américain, comme le fait remarquer Laurent Gloaguen sur Twitter.

Abdou Diouf, le migrant aux centaines de "likes"

The tryp has arrived to the end. Thak you friends for all the atention, the suport, and the debate. This Instagram experince was based on the real experience of thousands of people that every year risk their lives for a better future. To explore how we use social networks as a place to share tryp images and expriences depenending on who we are and why we are travelling. Showing that other realities exist and are closer than what we think. Yo can see this and other photo proposals about travel in the International Getxopoto festival, taking place in Getxo, Spain, from the 3 of September to Octuber 4th.. www.getxophoto.com

Une photo publiée par Abdou Diouf (@abdoudiouf1993) le

Sur Instagram, abdoudiouf1993 a les mêmes manies que tout le monde. Selfies, photos de nourriture, hashtags à la pelle, sa présence sur le réseau social ressemble a priori à celle de tous les autres utilisateurs. A une exception près : Abdou est un migrant. Si l'on en croit les premières photos postées sur son compte, légendées de messages d'adieu, l'homme est parti de Dakar, au Sénégal courant juillet, pour rejoindre l'Europe. Au fil des photos, il distille des détails de son parcours : la traversée du désert marocain, les pressions du passeur, la traversée en bateau et l'arrivée en Espagne. Sauf que son périple n'est rien de plus qu'une mise en scène. Abdou Diouf n'existe pas, et c'est un comédien, Hagi Touré, qui "joue" le rôle du migrant. À l'origine de la supercherie, une agence de communication espagnole qui souhaitait faire la promotion d'un festival de photographie

Celui dont il ne faut pas prononcer le nom

Capture d'écran montrant le passeport de l'Australien Phuc Dat Bich, publiée, le 28 janvier 2015, sur Facebook. 
Capture d'écran montrant le passeport de l'Australien Phuc Dat Bich, publiée, le 28 janvier 2015, sur Facebook.  ((PHUC DAT BICH / FACEBOOK))

Il voulait les avoir, il les a eus. Au mois de novembre dernier, un Australien de 23 ans a réussi à duper plusieurs médias, dont l'AFP et francetv info, en faisant croire que son nom d'origine vietnamienne, qui en anglais peut être compris comme une insulte, lui avait valu d'être banni de Facebook. "Phuc Dat Bich" (proche de "Fuck that bitch", "nique cette salope" en anglais) avait demandé en janvier, dans un post, le soutien des internautes. Il avait fourni une photo de son passeport pour prouver de sa bonne foi, et fini par obtenir gain de cause. Après avoir gagné l'attention des médias en Australie et ailleurs, l'homme, dont le vrai nom est Joe Carr, a révélé dans un nouveau message posté sur Facebook le 25 novembre qu'il ne s'agissait que d'une supercherie

Le combat entre le calife et le parrain n'aura pas lieu 

Des masques du baron de la drogue Joaquin Guzman dans une fabrique de costumes à Jiutepec, au Mexique, en octobre 2015. 
Des masques du baron de la drogue Joaquin Guzman dans une fabrique de costumes à Jiutepec, au Mexique, en octobre 2015.  (RONALDO SCHEMIDT / AFP)

"Vous n'êtes rien que des petites mauviettes". C'est en ces mots que le baron de la drogue mexicain Joaquín "El Chapo" Guzmán se serait exprimé, dans un e-mail adressé au chef de l'Etat islamique et calife autoproclamé Abou Bakr Al-Baghdadi. En cause : la destruction par l'organisation terroriste d'une cargaison de drogue destinée au Moyen-Orient. L'histoire, reprise par plusieurs médias français et internationaux, n'a pourtant rien de vrai. Le courriel, qu'un blogueur mexicain aurait réussi à faire fuiter et repris sur le site Cartel Blog, est en effet un faux. Et pour cause, le Washington Post (lien en anglais) réussit le 11 décembre dernier à en trouver une trace antérieure sur le site Thug Life Videos. Slate rapporte qu'un des auteurs du site, interviewé par Snopes.com , explique écrire "des articles satiriques dont on pense qu'ils seront pris au second degré, et d'habitude c'est le cas". D'habitude.