Carla Bruni-Sarkozy priée de reverser les 410 000 euros payés pour son site par l'Elysée

Le site internet de la fondation Carla Bruni-Sarkozy a coûté 410 000 euros. Des internautes demandent à l'ancienne Première dame de donner la même somme à des œuvres caritatives.

Carla Bruni-Sarkozy lors du second tour de l'élection présidentielle, le 6 mai 2012, à Paris.
Carla Bruni-Sarkozy lors du second tour de l'élection présidentielle, le 6 mai 2012, à Paris. (JEAN-PAUL PELISSIER / REUTERS)
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Carla Bruni-Sarkozy cèdera-t-elle à la pression ? L'ancienne Première dame est priée de faire don de 410 000 euros à des œuvres caritatives, dans une pétition signée par plus de 30 000 internautes, jeudi 25 juillet. Cette somme correspond aux dépenses de l'Elysée pour le site internet de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy, en 2011 et 2012. Faux, répond la Fondation vendredi. Francetv info retrace la polémique.

Acte 1 : un site internet = 410 000 euros

Dans un rapport publié le 15 juillet, la Cour des comptes détaille les économies réalisées par l'Elysée depuis l'élection de François Hollande. Le site politique.net y repère une phrase qui concerne le site internet de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy, organisme privé créé en 2009 sous l'égide de la Fondation de France.

La Cour précise au détour d'une phrase ce que Carlabrunisarkozy.org a coûté à l'Etat. "Il n'y a plus de site internet spécifique dédié à la conjointe du président, financé par le budget de la présidence (pour un coût de 330 000 euros en 2011 et de 80 000 euros en 2012)", écrit le président de la Cour des comptes, Didier Migaud. Coût total : 410 000 euros sur deux ans. Le site est financé par des fonds privés depuis le départ de l'Elysée de Nicolas Sarkozy. 

En mai déjà, Matignon avait précisé que "huit collaborateurs étaient affectés au service de la Première dame, en janvier 2012, pour une rémunération mensuelle nette globale de 36 448 euros", selon Le Nouvel Obs. "A celle-ci s'ajoutaient, tous les mois, les facturations de deux prestataires externes assurant la gestion d'un site internet, pour un montant de 25 714 euros", avait ajouté Matignon. Soit un total de 62 000 euros mensuels.

Acte 2 : un hacker dénonce une "cybercatastrophe"

"A ce prix-là, on s'attend naturellement à une véritable merveille, d'une qualité de code irréprochable, d'un design somptueux, avec une horde de hackers chinois qui met à jour le site toutes les heures", écrit le hacker et spécialiste de la sécurité des communications Olivier Laurelli, sur Rue89. Dans une longue tribune, il décortique les caractéristiques techniques de Carlabrunisarkozy.org : design, maintenance, sécurité, développement. Il y relève l'absence de mises à jour, des failles sécuritaires et un design peu élaboré, et décrit une "cybercatastrophe". Sans estimer la valeur véritable du site, il s'interroge toutefois sur la justification des 410 000 euros dépensés par l'Elysée.

Jeudi, le site de l'ex-Première dame était d'ailleurs difficile d'accès et apparaît "cassé".

Acte 3 : indignation et pétition

"Outré", Nicolas Bousquet, qui se présente comme développeur de sites internet, met en ligne une pétition sur le site Change.org. Selon lui, "ce site aurait pu être fait par n'importe qui, pour moins de 10 000 euros". Il demande donc à l'épouse de Nicolas Sarkozy de "rendre cet argent en faisant un don de 410 000 euros à des associations caritatives qui œuvrent pour les plus démunis". Samedi 3 août, il a recueilli quelques 105 562 signatures.

"Si l'on était proche de Carla Bruni-Sarkozy, on s'empresserait de lui conseiller de 'rendre', peu importe la méthode, pourvu que ce soit symbolique, l'argent public dont elle a bénéficié en l'espèce", estime le chroniqueur politique Bruno Roger-Petit, dans une tribune publiée sur Le Plus du Nouvel Obs.

Carla Bruni-Sarkozy, souvent interpellée sur Twitter depuis les révélations de la Cour des comptes, n'a pas encore répondu aux critiques.

Acte 4 : la fondation dément

Contactée par Europe 1, l'organisation affirme vendredi que "jamais l'Etat n'a donné un euro pour ce site !" Elle indique que les contenus du site en question "n'ont été en aucune façon financés par l'État ou quelque autre entité extérieure à la Fondation".

Quant au montant de 400 000 euros, la Fondation s'étonne. "Je ne sais pas comment ils sont arrivés à ce chiffre car cela me semble énorme pour la construction d'un site !", déclare la fondation à la radio.