Histoire : réhabiliter les fusillés de la Première Guerre mondiale

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Présenté parDavid Pujadas

Diffusé le 30/09/2013Durée : 00h40

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Première Guerre mondiale : qui étaient ces fusillés pour l'exemple ? Faut-il les réhabiliter? Un rapport officiel est remis demain.

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Il y aura un siècle l'an prochain que démarrait la Première Guerre mondiale. Les tranchées, les grandes batailles, la boucherie, la folie parfois. Et ces soldats qui ont parfois déserté ou se sont mutinés. Plusieurs dizaines ont été fusillés. Faut-il les réhabiliter.

C'est un document inédit. Une très rare photo d'exécution. C'était en 1916, dans la forêt de l'Aisne. Ce soldat français fusillé était accusé d'espionnage. Ses camarades, tirés au sort, exécutent la sentence de mort du conseil de guerre. Un rituel militaire pour un soldat coupable, ou innocent. Cent ans après le début de la Grande guerre, le gouvernement a demandé à des historiens de dresser l'état de la question des fusillés. Ce rapport sera remis demain au gouvernement. Il dresse un terrible inventaire. Les 5 premiers mois sont un pic : même en 1917, avec les grandes mutineries, le rythme des exécutions de 1914 ne sera jamais dépassé. Au total, 741 soldats français exécutés. Des vies supprimées, des familles humiliées. Un siècle après, la petite-fille du caporal Truton, exécuté en 1917 au Chemin des Dames, dit le choc de cette incroyable nouvelle. Dans une dernière lettre, datée du 8 juin 1917, ce paysan de l'Orne devenu caporal ne pouvait croire ce qui lui arrivait.

Femme chérie, je m'empresse de te faire savoir le sort que je passerai demain, carje suis désigné à passer le conseil de guerre". C'était honteux ! Voir son mari fusillé pour refus d'obéissance, c'était honteux à cette époque-là.

La petite-fille du caporal demande qu'en France on décrète une amnistie générale, et la réhabilitation de son aïeul, comme ici, en Grande-Bretagne, qui a su le faire en 2006 pour ses 306 fusillés pour l'exemple.

Ça signifie qu'on a exécuté quelqu'un pour faire un exemple devant les autres. Pour montrer que s'ils faisaient pareil, ils subiraient les foudres de la justice. Cela ne veut pas dire que le soldat est innocent, mais qu'on s'est servi de son exécution pour dissuader les autres de faire la même chose. Réhabiliter les fusillés, ne serait-ce que pour graver leurs noms sur les monuments aux morts, est une décision politique. En 1998, Lionel Jospin lançait la question d'une amnistie. L'ancien président Sarkozy parlait en 2008, à Verdun, d'égalité évidente entre tous les morts pour la France. Le débat mémoriel sur les fusillés est achevé.

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