Vingt ans de prison pour une nourrice chinoise reconnue coupable d'avoir tué et dépecé un couple, à Paris, en 2012

Le jury a suivi les réquisitions de l'avocat général, Julien Eyraud, qui avait rejeté la thèse de la légitime défense plaidée par l'avocat de la nounou, Hui Zhang, et estimé que rien ne pouvait prouver que son compagnon, Te Lu, avait lui-même porté des coups mortels.

L'appartement dans lequel le couple de Chinois accusé d'avoir tué un autre couple vivait, dans le 12e arrondissement de Paris.
L'appartement dans lequel le couple de Chinois accusé d'avoir tué un autre couple vivait, dans le 12e arrondissement de Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)
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La thèse de la légitime défense n'a pas convaincu. Vendredi 22 janvier, la cour d'assises de Paris a condamné à 20 ans de réclusion criminelle une nourrice chinoise reconnue coupable d'avoir tué et dépecé les parents d'un bébé, mort accidentellement, dont elle avait la garde. Son compagnon, présent au moment des faits, a quant à lui été acquitté.

La nounou, Hui Zhang, a reconnu avoir tué en 2012 un couple de compatriotes, Ying Wang et son mari Liangsi Xue, lors d'une altercation à son domicile après le décès accidentel de leur bébé qu'elle gardait. La jeune femme, aujourd'hui âgée de 34 ans, les avait fait venir chez elle avec l'intention de leur proposer un arrangement financier s'ils acceptaient de renoncer à déclarer la mort de leur fils, mais la rencontre a mal tourné.

Hui Zhang a reconnu avoir tué les victimes avec une hachette, puis avoir découpé leurs corps dans une baignoire avant de se débarrasser des morceaux dans le bois de Vincennes, à l'est de Paris, et dans des poubelles.

Difficile de "vivre avec cette culpabilité"

"Lorsque j'ai pris connaissance du dossier, j'ai été saisi par l'horreur de ce qui s'était passé, d'imaginer cette odeur de sang, cette boucherie dans la salle de bain, cette violence, cet acharnement parfois", avait confié l'avocat général, Julien Eyraud, avant d'appeler les jurés à dépasser cette vision macabre pour s'en tenir aux preuves. "Il ne s'agit pas de se servir d'éléments hypothétiques mais d'éléments matériels, il s'agit moins de croire que de raisonner, ne pas dire 'c'est dégueulasse, donc ils sont coupables'", avait-il lancé.

"Ce n'est pas une chance pour moi d'être en vie, de vivre avec cette culpabilité, c'est une véritable torture", avait enfin déclaré l'accusée à la fin des débats, exprimant ses "remords" aux familles des victimes. "J'espère que vous avez compris le tourbillon de malheurs que l'on a vécu, notre sincérité et nos regrets", a ajouté son compagnon.

Durant le procès, la nourrice avait fait valoir la légitime défense. "Ma cliente a été étranglée, coupée, griffée dans la bagarre, c'est attesté. Qu'est-ce-qui nous autorise à ne pas la croire ? Pourquoi sa parole aurait-elle moins de poids ? La légitime défense est ici pleinement caractérisée", a insisté son avocat, Me Alexis Guedj, expliquant que cette dernière n'était "plus elle-même", après "ces chocs successifs", lorsqu'elle a dépecé les corps.