"Ca n'arrêtait pas, des arrestations, des gardes à vue.." Au bois de Boulogne, dans l'ouest de Paris, des prostituées ont raconté à France 2, vendredi 29 mars, le harcèlement policiers dont elles se disaient victimes, du fait du délit de racolage passif. La veille, à leur grande satisfaction, le Sénat a abrogé le délit de racolage passif, en adoptant une proposition de loi écologiste en ce sens. 

Le texte prévoit de retirer du Code pénal ce délit institué par la loi sur la sécurité intérieure du 19 mars 2003. Cette loi pénalisait "le fait par tout moyen, y compris par une attitude même passive, de procéder publiquement au racolage d'autrui en vue de l'inciter à des relations sexuelles en échange d'une rémunération". Le vote de jeudi a eu lieu à l'issue d'un débat où des nuances sont apparues dans la majorité sur la question brûlante de la prostitution. Le député UMP de Nice, Christian Estrosi, y voit même "une prime au proxénétisme" et annonce qu'il n'appliquera pas la nouvelle règle.

 
Une prostituée attend des clients, le 28 mars 2013, à Nice (Alpes-Maritimes).
Une prostituée attend des clients, le 28 mars 2013, à Nice (Alpes-Maritimes). (VALERY HACHE / AFP)