L'ambition de Ségolène Royal d'occuper le perchoir de l'Assemblée risque d'être mise à mal : elle est en effet en position délicate avant le second tour des législatives dans la circonscription de La Rochelle (Charente-Maritime), en raison du maintien d'un dissident PS qui pourrait bénéficier des voix de la droite.

Tout au long de la soirée de dimanche 10 juin, Ségolène Royal, qui a obtenu 32,03% des suffrages, n'a cessé d'appeler son adversaire, Olivier Falorni, au "rassemblement", semblant jusqu'au bout croire au désistement de ce dernier en sa faveur. Mais Olivier Falorni lui a opposé une cinglante fin de non-recevoir, répétant à l'envi qu'il n'est "pas là pour obéir aux ordres".

Le PS appelle le dissident à "retirer sa candidature"

Conséquence, le numéro 2 du PS a grincé sur i-Télé : "Ségolène Royal est arrivée en tête. Nous demandons à Olivier Falorni, comme à tous les candidats de gauche arrivés en second, de reconnaître le choix des électeurs." Il ne doit "pas empêcher que la voix de Ségolène Royal puisse s'exprimer à l'Assemblée nationale".

Harlem Désir et Martine Aubry parlent d'une même voix. La première secrétaire du PS a à son tour appelé, lundi matin sur France Inter, Olivier Falorni à "retirer sa candidature", estimant qu'il n'est "pas acceptable qu'un camarade" se fasse élire "avec les voix de la droite pour battre l'ancienne candidate" PS à la présidentielle.

Bussereau soutient Falorni contre Royal

A droite, on se frotte les mains, trop heureux de voir ce candidat mettre des bâtons dans les roues de l'ancienne candidate à la présidentielle, alors que l'UMP ne sera pas présente au second tour dans la circonscription (la 1re de Charente-Maritime). Aucune déclaration officielle du parti, mais l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Dominique Bussereau (arrivé en tête dans la 4e circonscription de Charente-Maritime) a implicitement lancé un front anti-Royal, en appelant à voter pour Olivier Falorni.

Ségolène Royal (à g.) est en position très difficile pour le second tour des législatives à La Rochelle. Le candidat PS dissident, Olivier Falorni, se maintient et pourrait bénéficier des voix de la droite.
Ségolène Royal (à g.) est en position très difficile pour le second tour des législatives à La Rochelle. Le candidat PS dissident, Olivier Falorni, se maintient et pourrait bénéficier des voix de la droite. (ALEXANDER KLEIN / AFP)