VIDEO. Bart De Wever, l'homme qui veut voir la Belgique "s'évaporer"

Le chef des indépendantistes flamands, grand vainqueur des municipales dimanche en Belgique, est devenu en sept ans à peine un personnage politique incontournable du royaume.

Bart De Wever, chef de la Nouvelle alliance flamande (N-VA), le parti indépendantiste flamand, vainqueur des élections municipales, le 14 octobre 2012 à Anvers (Belgique).
Bart De Wever, chef de la Nouvelle alliance flamande (N-VA), le parti indépendantiste flamand, vainqueur des élections municipales, le 14 octobre 2012 à Anvers (Belgique). (THIERRY ROGE / MAXPPP)
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Benoît ZagdounFrance Télévisions

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EUROPE - Il est le nouveau maître d'Anvers. Bart De Wever, le patron de la Nouvelle Alliance flamande (N-VA), le parti indépendantiste flamand, a réussi son pari d'enlever la mairie de la première ville du nord de la Belgique, contrôlée par les socialistes depuis quatre-vingts ans, lors des élections municipales de dimanche 14 octobre.

Une victoire électorale qui place le leader de la N-VA un peu plus en position de force au niveau national. Il a d'ailleurs immédiatement lancé un appel au Premier ministre socialiste belge, Elio Di Rupo, pour qu'il négocie une réforme de l'Etat ouvrant la voie à une confédération donnant plus d'autonomie aux régions. FTVi dresse le portrait en vidéos de cet homme politique à l'ascension fulgurante.

Il a perdu 60 kilos en huit mois

Pour cet Anversois de bientôt 42 ans, c'en est terminé des frites et des gaufres. Bart De Wever a perdu sa bonhomie apparente. Il s'est soumis à un régime drastique qui a fasciné une bonne partie de l'opinion flamande et dont la presse belge s'est fait l'écho. Entre novembre 2011 et juillet 2012, il a fondu de 60 kg, passant de 142 à 82 kg. Bart De Wever pèse toutefois plus que jamais sur l'avenir de la Belgique.

 Il donne l'image d'un bon père de famille

Cet historien de formation, né dans la banlieue d'Anvers dans une famille proche de l'extrême droite flamande, a d'abord milité dans les cercles d'étudiants nationalistes, avant de fonder la N-VA en 2001. Il s'est fait connaître en participant à des jeux télévisés, échouant à devenir "l'homme le plus intelligent du monde", en finale de l'émission de la VRT en 2009. Il a aussi très tôt ouvert les portes de sa maison aux caméras. En 2007, la chaîne de télévision belge RTL lui a ainsi consacré un portrait de près de 30 minutes. Une vie quotidienne au milieu de ses quatre enfants qu'il met au service de ses ambitions politiques.

Il tire à boulets rouges sur les Wallons

Le chef de file des indépendantistes flamands répugne à parler français : il maîtrise pourtant parfaitement cette langue qu'il emploie occasionnellement pour tirer à boulets rouges sur les Wallons et la coalition au pouvoir, trop socialiste et beaucoup trop francophone à son goût.

Défenseur de la Flandre et de sa langue, Bart De Wever compare les francophones de Flandre à des immigrants devant s'intégrer en apprenant la langue flamande.

Il cultive un franc-parler provocateur

Bart De Wever "n'emploie pas le discours technique, policé, complexe, classique des responsables politiques", souligne le politologue Vincent De Coorebyter, cité par Le Point. "Il a un langage plus direct, qui traduit brutalement ce que le Flamand moyen est censé penser tout bas et que lui dit tout haut", ajoute l'analyste. La provocation n'est pas seulement verbale : hostile à la monarchie, il s'est présenté devant le roi des Belges sans cravate, comme l'explique le site 7sur7.be. C'est ainsi qu'il est arrivé sur le devant de la scène politique, en sept ans à peine.
 

Il ne lâche rien sur son objectif : voir la Belgique "s'évaporer"

Le leader de la N-VA est l'incarnation d'un indépendantisme flamand intransigeant, partisan de l'émancipation de la Flandre et aspirant ouvertement à voir "s'évaporer" la Belgique. Entre autres coups d'éclat, comme le rapporte le site d'information belge Le Vif, il a déversé 13 milliards de faux billets de 50 euros en Wallonie pour dénoncer les transferts financiers vers le sud du pays, moins prospère que la Flandre. 

La N-VA est passée de 3% des voix aux législatives de 2003 à 17% aux élections de 2010. Un poids politique que son chef a utilisé pour bloquer pendant plus d'un an les pourparlers en vue de former un gouvernement. Non sans s'en amuser, comme dans cette vidéo. Il a même comparé ces négociations à une friterie : "A chaque fois on se dit que c’est la dernière fois et pourtant on y retourne."