Ardennes : une adolescente exclue de son collège en raison du "caractère religieux manifeste" de sa jupe

La principale de l'établissement aurait affirmé que la tenue portée par la collégienne ne respectait pas la loi sur la laïcité à l'école, selon "l'Ardennais" mardi.

Une adolescente de 15 ans a été renvoyée de son collège Léo Lagrange de Charleville-Mézières (Ardennes).
Une adolescente de 15 ans a été renvoyée de son collège Léo Lagrange de Charleville-Mézières (Ardennes). (GOOGLE STREET VIEW)
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Une longueur de jupe polémique. Sarah K., âgée de 15 ans, s'est vu refuser l'accès à son collège Léo-Lagrange de Charleville-Mézières (Ardennes), les 16 et 25 avril, car sa jupe était jugée trop longue, rapporte L'Ardennais (article payant), mardi 28 avril. 

Selon le quotidien, la principale de l'établissement aurait affirmé que la longueur de ce vêtement ne respectait pas la loi sur la laïcité à l'école datant de 2004. Elle explique, dans un courrier envoyé le 24 avril aux parents de Sarah cité par le journal local, qu’il s’agit d’une "jupe dont le caractère religieux est manifeste". Elle a donc demandé de "faire rectifier la tenue vestimentaire de la jeune fille si vous souhaitez qu’elle poursuive sa scolarité au collège".

"Il n'y a aucun signe religieux"

Du côté des parents de la jeune fille, élève de 3e, c'est l'incompréhension. La collégienne porte certes le voile, mais elle l'enlève "tous les matins avant d’entrer au collège", expliquent-ils. Et ils ont du mal à comprendre en quoi une tenue achetée "chez Kiabi, pour deux euros" peut poser problème. "Cette jupe n’a vraiment rien de particulier, elle est toute simple, elle n’a rien d’ostentatoire, a expliqué la jeune fille à l'ArdennaisIl n’y a aucun signe religieux du tout." 

L'académie de Reims se défend

Dans un communiqué publié mardi, l'académie de Reims affirme qu'elle n'a "pas exclu d'élève pour manifestation ostensible d'une appartenance religieuse". Contactée par francetv info, elle souligne que l'établissement a invité Sarah à changer de tenue car "elle n'habite pas loin du collège".

L'académie évoque également dans son communiqué des "actions revendicatrices et concertées d'élèves, qui font suite à d'autres incidents plus visibles liés, par exemple au port du voile, le cadre laïque de l’enseignement doit être fermement rappelé et garanti".

Interrogée par francetv info, l'académie précise que, plus tôt dans le mois, "quatre ou cinq élèves" se sont présentées voilées, vêtues d'une jupe similaire, et qu'elles ont tenté de pénétrer dans le collège. L'instance précise qu'après discussion, elles ont accepté de retirer le voile. Mais, d'après l'académie, les adolescentes ont indiqué qu'elles portaient ce type de jupe pour revendiquer leur appartenance religieuse. Ce qui explique la décision prise à l'encontre de Sarah.

Nicolas Cadène, rapporteur général de l'Observatoire de la laïcité, estime que, dans ce cas de figure, la loi sur la laïcité a été interprétée de façon abusive. "La loi du 15 mars 2004 interdit le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse, tels que le voile, la kippa, le turban sikh ou une croix très visible par exemple", détaille-t-il à francetv info. Mais "tout le monde peut porter des jupes longues", ajoute-t-il.

"Je porte des jupes longues et pourtant je suis chrétienne"

Cette histoire de jupe est, en tout cas, très commentée, mardi, sur les réseaux sociaux. Un hashtag a même été créé sur Twitter sous le nom #JePorteMaJupeCommeJeVeux. Il est en tête des tendances dans les discussions sur le réseau social.

Ainsi, une jeune femme a apporté, par exemple, son soutien à Sarah sur Twitter, soulignant qu'elle était chrétienne et qu'elle portait également des jupes longues.

"Depuis quand porter des jupes longues c'est religieux?", s'est interrogée une autre.

Quelle est la longueur adéquate ? Trop longue ou trop courte, cette internaute ne s'y retrouve plus.

Certains, et ils sont nombreux, ont préféré prendre les choses avec humour.