L'annonce du nouveau gouvernement doit avoir lieu en fin d'après-midi. Et jusqu'à la dernière minute, nul doute que coups de téléphone et contacts tous azimuts vont continuer à aller bon train, mercredi 16 mai. A quelques heures de la répartition des portefeuilles ministériels, FTVi revient sur cet exercice délicat qui tient la gauche en ébullition.

• "Les grandes manœuvres"

François Hollande est arrivé mercredi matin à l'Elysée pour une journée de travail très largement consacrée à la formation du premier gouvernement de son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Depuis plusieurs jours, les scénarios s'échaffaudent et les noms circulent"En coulisses, les grandes manœuvres ont déjà commencé pour la formation du gouvernement", note RMC dans son éditorial"Il y a celles et ceux qui recevront un coup de fil, et puis tous les autres, qui resteront vainement près du téléphone. Beaucoup de prétendants et peu d'appelés, c'est la règle."

Lors de la cérémonie d'investiture de François Hollande, jeudi, chacun essayait de deviner à la mine réjouie - ou renfrognée - des uns et des autres les heureux élus de la prochaine équipe gouvernementale. "J'ai reçu trois appels me donnant à des portefeuilles différents aujourd'hui, plaisantait un ténor socialiste. Très peu de monde a l'information, les plus proches de François Hollande, sans doute." 

• "Des choix de raison"

L'exercice est compliqué pour François Hollande et son Premier ministre Jean-Marc Ayrault. En fin de campagne, le candidat socialiste confiait d'ailleurs qu'il serait amené à faire "des choix de raison" et non de cœur, laissant au bord du chemin des amis et proches de longue date, comme le rappelle Le Nouvel Observateur.

Des "hollandais" de la première heure ne cachent pas leurs inquiétudes. Il lui faudra régler "les problèmes de personnalités, de sensibilités et d'efficacité", soulignait un responsable socialiste. François Hollande va devoir se livrer à un exercice d'équilibriste pour ménager les uns et les autres.

• Les fidèles souvent déçus

A chaque nouveau gouvernement, le scenario se répète. En 2007, les sarkozystes de la première heure avait été déçus par la distributions de portefeuilles ministériels, comme le relate L'Express. Cinq ans plus tard, les fidèles de François Hollande pourraient eux aussi être lésés, ajoute l'hebdomadaire, qui liste les écueils que le nouveau président devra éviter

Stéphane Le Foll, le plus ancien collaborateur de François Hollande, redoute d'être écarté par son vieil ami : "Il nous a oubliés ! Il passe ses journées avec (Manuel) Valls et (Pierre) Moscovici", se lamente-t-il, selon Le Canard enchaîné, qui rapporte aussi les atermoiements de François Rebsamen, le président du groupe PS au Sénat. Le sénateur-maire a finalement indiqué mercredi sur Europe 1 qu'il ne serait pas ministre de l'Intérieur, poste pour lequel son nom était souvent avancé, car il "a choisi le Sénat et Dijon".

• Le "casse-tête" de la parité

François Hollande veut un gouvernement avec autant d'hommes que de femmes. "Le plus compliqué avec la parité, ce n’est pas de trouver des femmes, mais d’écarter les hommes compétents", expliquait le candidat socialiste juste avant le premier tour. "Certains conseillers parlent maintenant du 'cauchemar' de la parité, souligne Europe 1. Le casse-tête réside dans le fait qu'il faut nommer des femmes, tout en respectant un équilibre politique, géographique et distribuer des postes à des personnalités incontournables, souvent 'trustés' par des hommes." 

• L'ombre du remaniement

Quoiqu'il en soit, ce gouvernement sera probablement remanié en fonction des résultats des législatives des 10 et 17 juin. Le pire scénario pour François Hollande, brandi par la droite, étant celui d'un "troisième tour de la présidentielle" aboutissant à une cohabitation, indique Libération

En attendant l'heure fatidique, vous pouvez composer vous-même votre gouvernement, grâce à l'outil interactif de France TV info.